AU 9 RUE DES NOUV’AILES #55

12 janvier 2021 § 0 commentaire

Posée.
La roue a tourné, LA ROUE DU TEMPS s’est posée.
Dans un bel écrin de nature, à Bioul, au sud de Namur. Grâce à la générosité d’une vénérable dame de nonante-six ans qui a offert pour les soixante ans de son plus jeune fls les joies d’une installation pérenne à cette sculpture monumentale. Deux ans après son exposition sur le giratoire de Cologny, près de Genève, ce fut cette fois en terre belge et de nouveau, un grand moment de jubilation. L’artisan qui avait coulé la dalle de béton de 3m3 qui fait offce de socle avait eu la bonne idée de laisser son bull sur place. Il fut bien utile pour achever le transport, car le bras de grue du camion livreur, qui fort de ses 25 tonnes ne pouvait pas s’approcher au plus près du site, était trop court pour transporter la tonne et demi d’acier. La ruelle d’accès au site était trop étroite pour permettre au camion de faire demi tour : le chauffeur dut faire un bon kilomètre en marche arrière et je me pris pendant une heure pour ces hommes casqués qui guident à grand renfort de gestes de bras les avions sur les pistes d’aéroport ou autres porte-avions. Mais les dieux des roues étaient avec nous, même le ciel était au bleu et l’on pu visser et sceller pour une bonne petite éternité la désormais paisible ROUE DU TEMPS. !!!

Puis il y eut le partage des photos et des joyeuses exclamations partagées, le bonheur d’avoir mener ce projet à terme et la satisfaction de la belle ouvrage accomplie.

J’ai prolongé le voyage en bords de Meuse par quelques heures amicales à Bruxelles que je ne connaissais pas et par le plaisir d’y voir les Musées Royaux des Beaux Arts et le Musée Magritte ouverts et la merveilleuse surprise d’y découvrir Purifcation, sublime installation de deux écrans-vidéo de Bill Viola. À l’étage au dessus, le diptyque Adam et Ève de Cranach l’Ancien lui faisait un bel écho intemporel.

Après les pérégrinations distancielles mais néanmoins festives du passage au Neuf de l’An, quelques bulles joyeusement partagées pour arroser LA ROUE et les multiples parties de Scrabble, Triomino, Dixit et autres Code Name qui les accompagnaient, tout cela en écoutant Sunset in the blue, récent CD de Melody Gardot, me revoilà semi-confné dans le chaud nid de l’atelier. À part les amis vus en journée et les rendez-vous pour la pose d’un implant, Paris frisquet sans bistrot ni ciné ni musée a perdu quelques attraits.
Il me reste comme c’est désormais la tradition en saison hivernale, pas mal de temps pour continuer à répondre aux appels à projets et faire encore tourner la roue des sculptures à venir. Et aussi de ressortir quelques plaques à graver…
Je surfe sur le bel élan que LA ROUE DU TEMPS m’a donné, même si le temps n’est guère à apprécier la succession des vagues…

Remettre une double dose de volonté optimiste dans la seringue pessimiste de l’intelligence…

En tapant « trump » dans un traducteur électronique américain, j’ai trouvé comme défnition : atout, trompette, emporter sur.

Il manquait quelques oies en ce mercredi 6 janvier sur les marches du Capitole pour prévenir avec force trompette que celui qui se prenait pour le grand atout ne parviendrait pas à l’emporter. Puisse ce fou dingue disparaître dans les oubliettes de l’histoire. Je sais bien que ce vœu est pieu, mais si on pouvait en plus des oubliettes, l’y attacher et même plus…
On n’aurait pu se croire dans une émission de télé réalité mais ce n’était que la réalité de la Terre alitée qui a perdu son axe et cherche à retrouver l’essieu de ses cieux.


« Les larmes, c’est le seul stock qui ne s’épuise jamais. » (Robert Bober)


Entendu une passionnante interview de Francis Halle, biologiste, botaniste et dendrologue (c’est ainsi que l’on nomme celui qui étudie les arbres) qui a lancé un formidable projet au bel intitulé : « nous voulons faire renaître une forêt primaire en Europe de l’Ouest ». Allez vous balader sur https://www.foretprimaire-francishalle.org/ .
Dans les lectures qui m’ont fait passer du vin au vingt et un, quelques retours aux fondamentaux : Jean Echenoz, avec Les grandes blondes et Laurent Gaudé avec un très beau texte capital : Paris Mille Vies. Et un bon polar de Xavier-Marie Bonnot entre Marseille et La Papouasie Nouvelle-Guinée : Le Pays Oublié du Temps.

J’écris ces lignes en écoutant La Marelle, chanson (traditionnelle?) de Nazare Pereira remise au goût du jour par Rosemary Stanley et Dom la Nena dans un très bel objet CD.


Le jeu de la marelle va de la Terre jusqu’au Ciel
Entre la chance et le puits tu reviens et c’est fni
Petite, Petite Fille, tu es là pour t’amuser
Lance bien la pierre, prends garde où tu mets tes pieds…


Le mot désopilant – qui fait beaucoup rire – vient de « opiler » qui signife « boucher, bloquer ».
Je vous envoie quelques bulles d’ocre « Roue » pour désopiler la grande bouteille du Temps.
Avec un grand T comme dans Santé !!!

do 9121

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