AU 9 RUE DES NOUV’AILES #54

9 décembre 2020 § 0 commentaire

Tourne, tourne la roue…

Ce n’est pas une des fabulettes d’Anne Sylvestre qui vient de nous quitter et dont une des chansons fut et reste un hymne de maintes randonnées…
« Mes amis d’autrefois, s’ils entendent çà,
mes amis du passé vont se rappeler,
nous n’étions, nous n’étions qu’à peine moins vieux,
nous avions envie d’être heureux…. »
Bon vent, belle dame, « fille folle, amante du vent … On dit que Lazarre et Cécile se sont aimés cette nuit, dans la lumière fragile des heures d’après minuit….»

Oui, LA ROUE DU TEMPS tourne et cette sculpture d’acier va partir mercredi prochain, comme je le suggérais dans les précédentes Nouv’ailes, en Belgique, dans le village de Bioul, à une vingtaine de kilomètres au sud de Namur. Ce sera après avoir été transportée depuis la Haute-Savoie où elle sommeillait chez son fabricant après avoir quitté le giratoire suisse de Cologny. C’était au printemps 2019. Je me réjouis déjà d’accompagner la semaine prochaine l’installation pérenne de cette œuvre.

Cette belle nouvelle est venue au tout début de mon confinement provençal et a ensoleillé ce lourd novembre qu’ont allégé la cueillette des olives, l’émerveillement renouvelé aux carrières d’ocre, les courses au marché de Saint-Didier, les parties de triomino ou de qwirkle, les feux de cheminée et l’élaboration de réponses aux appels à projets de sculptures ou de land art. Ou les dessins à la pierre noire et les croquis aquarellés des vieux troncs d’oliviers. Sans oublier les balades aux pins parasols, la cueillette des pieds de moutons et les rencontres amicales qui ont parfois outrepassé sans honte ni contrôle le kilomètre de distance et le minutage des attestations.

Comme tous les ans, je participe avec deux petites toiles à l’exposition LES MINIS DU GÉNIE dont j’ai fait hier avec l’amie Nadya l’accrochage à la Galerie du Génie qui réouvre dans des horaires réduits, du 8 au 27 décembre, du mardi au dimanche de 15 à 19h au 126 rue de Charonne. Si vous voulez y passer et m’y rencontrer, n’hésitez pas à me contacter.

Qui se souvient aujourd’hui d’Ivan Illitch (1926-2002) ? De ses livres parus dans les années 70 comme Libérer l’avenir, Une société sans école, Némésis Médicale ou La convivialité… qui ouvrirent grand les portes de l’écologie politique, la critique de la société industrielle, l’éducation libertaire… toutes ces idées qui ne furent pas assez entendues et que la pandémie actuelle va contraindre – « quoiqu’il en coûte » à remettre sur le métier à tisser le réel. Cela va bien sûr prendre du temps, celui nécessaire à l’infusion et à l’imprégnation… Y a t-il vraiment d’autres choix ?
En écho me revient l’antienne de L’AN 01, flm de Jacques Doillon, Alain Resnais et Jean Rouch sorti en 1973 d’après des chroniques de Gébé dans Charlie Hebdo. Antienne qui était «on arrête tout, on réfléchit et c’est pas triste ». Allez le visionner sur La Cinétek (www.lacinetek.com) belle plateforme de diffusion créée en 2013 par trois cinéastes français. Chacun des 89 réalisateurs associés, du monde entier, a composé sa cinémathèque idéale d’une cinquantaine de films du XXème siècle, ce qui donne un catalogue de plus de 1500 films. À louer ou à acheter.
Pas de cinéma ce mois-ci mais la revoyure via projecteur vidéo de quelques classiques avec Michel Simon ou Bourvil mais surtout une véritable pépite à voir ad libitum : « Le ciel peut attendre » dernier flm d’Ernst Lubitsch en 1943 avec la belle Gene Tierney et Don Ameche. Indispensable !

« Dé-battre, c’est échanger pour ne pas se battre ».

Belle phrase entendue dans la bouche d’Aurélien Barrau, astrophysicien et militant écologiste auteur du manifeste Le plus grand défi de l’humanité, mais aussi poète qui publie un recueil intitulé Météorites, mot à la fois masculin et féminin.

Comme dit Edgar Morin, « le langage est notre cosmos de poche ».

« Quand on cherche ce qu’on ne connaît pas, on va avoir à certains moments des illuminations, entrevoir des choses inattendues. » Serge Haroche dans La Lumière révélée, de la lunette de Galilée à l’étrangeté quantique (éd. Odile Jacob).

Est ce légende ou vérité ? L’histoire est belle : Avant de se lancer dans la bédé, Hergé courtisait une jeune femme qu’il avait surnommée Milou. Mais le père de la damoiselle s’y opposa et lui lança : « Tintin, Milou! »

Dans les lectures du mois, En attendant Bojangles, d’Olivier Bourdeaut pour le plaisir de la langue et celui de lire un best-seller quatre ans après sa parution.
Et L’intranquille, de Gérard Garouste (avec Judith Perrignon), autoportrait d’un fls, d’un peintre d’un fou. Un grand peintre que j’aime.

Dans le plaisir d’écrire depuis 18 ans ce NEUF mensuel, il y a celui du 10, ce lendemain du 9 qui recueille quelques échos de cette bouteille électronique jetée dans l’océan des liens. Dans le plaisir de décembre et de ses fêtes obligées, il y a celui d’attendre ses lendemains, ce janvier de Janus qui regarde l’année passée et celle à venir. Avec son cortège de vœux qui risque à l’an neuf, de ne pas être «les meilleurs ». Je vous souhaite de la patience, de la persévérance, de la résilience et plein de trucs en « ance » pas rances pour tenir le panier dans lequel il ne faut pas mettre tous ses vœux !

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