Des Nouv’ailes du Neuf n°41

17 mars 2013 § 0 commentaire

Un plAngeoir.
Autrement dit, un plongeoir pour un Ange. C’est le projet que je vais réaliser en juin prochain dans la vallée de la Conie, en Eure et Loir.
Peut-être que l’ange gardien qui veillait sur Stéphane Hessel y fera un saut ? C’est ce que je me suis dit à la lecture du Libé du 28 février qui était consacré à son départ. Je me souviens avoir parlé dans ces lignes en juin 2008 de « Citoyens sans Frontières » un livre d’entretien qui lui était consacré et que j’avais fait acheter à la médiathèque de Saint Denis C’était avant que son indignation fasse le tour de la planète et qu’il devienne cette figure majestueuse de l’espérance en l’humain. « Je l’aimais » titrait l’édito de Nicolas Demorand. « Moi aussi », ai-je murmuré dans les yeux humides de ce matin de RER. Et de fondre de reconnaissance devant la non-violence de ce diplomate qui a si bien dit le bonheur d’avoir aimé l’amour… L’amour de l’Amour, la haine de la Haine pour vaincre la peur de la Peur…
Non-violence… Gandhi, Luther King, où êtes-vous ? Et comment auriez-vous répondu à cette violence aveugle qui terrorise le monde ?
Lequel n’est pas à l’abri d’un vol de météorites, comme celui qui a survolé la Russie il y a quelques jours. Plus de 1000 blessés, mais c’était si loin, presque en Sibérie…. Je suis toujours sidéré du sordide de l’équation médiatique qui veut qu’un mort à un kilomètre compte plus que 1000 morts à mille kilomètres…
Passé le nouvel an du Serpent chez des amis chinois. En arrivant chez eux, la télévision allumée dans le salon fait défiler les infos de Honk Kong et leurs sous titres en mandarin. (En Chine les infos sont sous titrées, car les prononciations des idéogrammes varient d’une région à l’autre). Elles semblent à la fois identiques aux nôtres et d’une autre planète. De l’ethnocentrisme de l’actualité…. Qui ne devrait pas nous faire oublier par exemple les multiples attentats qui endeuillent régulièrement ce pays atomique qu’est le Pakistan…. Et Fukushima qui « fête » ses deux ans ! Avec pour seule promesse la certitude qu’avec les 400 réacteurs nucléaires à la surface de la planète, il y a aura d’autres catastrophes… Brrrrr !

« Il faut que le gendarme intérieur devienne gardien de la paix » a dit sur France Inter Anne Marie Filliozat en parlant de son livre « Des petits riens qui changent la vie » aux éditions Albin Michel.

C’était autour de l’année de mes six ans, dans la ferme des grands parents. Mon parrain, un grand gaillard joueur de plus de 1,90m adorait nous emmener, cousins et cousines chasser les cow-boys et autres gendarmes voleurs dans le bois voisin. Au retour de l’aventure, il prend ce jour-là l’allure sorcier en me promettant de faire disparaître un œuf sur ma tête. Et nous voilà tous en cercle et moi au milieu dans l’armise (je n’apprendrais que quelques temps plus tard, qu’il s’agissait en fait de « la remise » et c’est peut-être dans cette apostrophe-là qu’est né mon amour des jeux et des mots). Au bout de trois tours, il abat sa main sur mon crâne et me voilà dégoulinant d’œuf et de larme de m’être fait ainsi naïvement abuser. En cadeau bonus, je me ferai sermonner par ma grande mère d’avoir ainsi gâcher un œuf !!! Lorsque des années plus tard, ce souvenir remontera à mon cerveau, bien après que j’ai commencé à sculpter avec des coquilles d’œufs, ce symbole d’œuf pénétrant ma caboche de môme aura un étrange goût de mystérieuse initiation.
Des œufs, il en sera question dans le livre « Nature Art Today  » consacré au Land Art qui va paraître ce printemps. Deux pages seront consacrées à mes oves d’art. Je vous en reparlerai lors de son éclosion.

« Il faut que le flamand ose » dit-il en rougissant à la magicienne d’Oz.

En écoutant radio ou télé, amusez vous à repérer combien nombreux sont ceux qui disent «  »de façon à ce que » alors qu’il faut dire « de façon que ». Ce que l’on peut nommer les glissements progressifs du plaisir de la langue dans les lèvres des livres.
Au ciné de ce mois-ci, en haut de la pile, « Syngué Sabour » de Atiq Rahimi, d’après son propre roman, prix Goncourt étranger en 2008. Sous titré « Pierre de Patience », il parle d’une coutume afghane qui permet à une femme de livrer toutes ses pensées même les plus secrètes à une pierre jusqu’à ce qu’elle explose. Dans ce film le rôle de la pierre est tenu par son mari devenu mutique pour cause de balle dans la nuque. Impressionnant ! À voir aussi « Rendez vous à Kiruna » d’Anne Novion avec l’impeccable Darroussin.
Et une spéciale dédicace à l’ami Étienne qui m’a emmené vibrer, écouter et voir la chanteuse Camille au théâtre du Châtelet. Tout simplement magique ! Comme l’est aussi la chanteuse de jazz coréenne sous laquelle j’ai écrit ces quelques lignes. Retenez son nom, elle s’appelle Youn Sun Nah.

Un sage poursuivi par un tigre s’enfuit en courant et arrive au bord d’un gouffre. Il s’apprête à sauter pour échapper au fauve et s’aperçoit qu’il y a aussi un tigre au fond du gouffre. Mais il voit qu’il y a près de lui des fraises des bois. Il se dit « Mais c’est bon, les fraises des bois ».
C’est bientôt Pâques. En cherchant les œufs, n’oubliez pas les fraises des bois.
do 9313
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