AU 9 RUE DES NOUV’AILES #28

9 avril 2018 § 0 commentaire § permalink

Je ne suis pas un grand lecteur de science-fiction et n’ai pu vérifier cette information entendue à la radio selon laquelle aucun auteur de science-fiction n’avait imaginé … Internet ! Ce trou de mémoire prospective est surprenant et réconfortant : le futur est toujours imprévisible et reste à inventer. Mais, maintenant, essayez d’imaginer le monde d’aujourd’hui sans le Net. Vous pouvez pour cela vous inspirer de Bug, premier volume de la récente BD d’Enki Bilal… Nous sommes en 2041 et un gigantesque bug a effacé la mémoire des ordinateurs, ascenseurs et autres centrales nucléaires… et l’a concentrée dans le cerveau d’un seul individu revenant de la planète Mars… Vous voyez le tableau ?

4, 4, 4, 7 1 9 : entendu avec le rire d’une petite fille de sept ans dans le TGV, ce cri de la poule qui vient de pondre ! Ben oui : « quat’ quat’ quat’, c’est un œuf ! »

Le printemps se remplit de projets et j’en suis fort heureux. Une installation dans le Parc de Saint-Cloud près de Paris dans les jours qui viennent et en septembre prochain L’Aronde des Regards, sur le Sentier des Arts aux bords de la Gironde où j’avais réalisé il y a deux ans Ailes de Gironde. Et une photo ovée que j’aime beaucoup qui va être accrochée en grand format sur les sentiers de Lez’arts en Adret en Savoie. (Voir les photos 1,2,3 en pièces jointes).

Un peu plus loin dans le temps, à l’automne prochain, pour rendre hommage et mémoire à nos chers parents et pour réaliser un vieux rêve né lors de mon retour du Québec il y a 35 ans sur le paquebot polonais Stéfan Batory, nous allons, ma sœur aimée et moi, partir à New York sur le Queen Mary 2. Sept jours d’horizontalités maritimes avant d’arriver au pied de la verticalité des gratte-ciels de Manhattan. Avec à l’aube du septième jour, la vision de la Statue de la Liberté, d’Ellis Island et de toutes les mythologies migratoires liées à ce lieu. Avant un retour en avion qui passera par Montréal. Je me réjouis déjà de ce cadeau que nous nous faisons.

Le vide c’est ce qui reste quand on a tout enlevé… Mais ce n’est pas rien !

Le sujet n’était pas très engageant – un ado toxico dans un centre de désintoxication fondé sur la prière – mais le film de Cédric Kahn, La Prière, est époustouflant, remarquablement joué et d’une formidable puissance sans aucun jugement, fut-il dernier. À voir, absolument. Par contre je ne suis pas entré dans le film de Serge Bozon, Madame Hyde, ni dans le Mektoub Love de Kechiche. Mais n’ai pas été insensible au Carnivore des frères Renier, ni à l’humour décalé de La Belle et La Belle de Sophie Fillières.

Dans les exercices préparatoires au voyage au Pays du Soleil Levant – départ dans 6 jours !- il y a bien sûr les inévitables guides, routard and co, mais surtout un joli petit ouvrage de Corinne Atlan trouvé au récent salon du Livre à Paris : L’Empire de l’Harmonie. Tout un programme !

Dans la fiscalité, il y a deux éléments importants : la fourchette et l’assiette, déterminées par le service des recettes. Pour savoir à quelle sauce vous allez être croqué !

À l’heure où j’essaie de faire éditer trois projets de livres, j’ai lu, sous l’instigation du Café Bla Bla de la médiathèque de mon quartier, un livre d’un auteur anglais, Irving Finkel, intitulé « Au paradis des manuscrits refusés », savoureuse histoire d’une bibliothèque qui recueille les manuscrits qui n’ont pas trouvé d’éditeurs. J’espère bien ne pas y entrer ! Je me suis de nouveau régalé avec La Sorcière, dernier opus de Camilla Lackberg.

Elle se nomme Christine Ley. Je l’avais croisée furtivement à Genève il y a quelques années, et fidèle lectrice de ces Nouv’ailes, elle a proposé de m’offrir son livre, Éternelle, belle variation pleine de fantaisies et d’imaginations sur la vie après la mort. Cela m’a rappelé sur un plan un peu différent, la lecture il y a une trentaine d’années, du livre La Source Noire de Patrice Van Eersel et des livres d’Elisabeth Kübler-Ross dont les travaux allaient permettre l’émergence des soins palliatifs et une meilleure prise en compte du mourir dans la dignité. Je ne sais pas si son livre est disponible en France, mais vous pouvez vous le procurer en papier ou en e-book sur son site www.christineley.ch

Si les anges avaient des ailes, on les verrait dans les angles.

J’ai eu la chance de le voir plusieurs fois en concert, dont une mémorable en août 1984, dans le Stade Olympique de Montréal, où il faisait avec Manhattan Transfer, la première partie de Magie Rose, un show « ben flyé » de Diane Dufresne avec un public tout de rose vêtu ! Jacques Higelin est parti et il nous faut plus que jamais « Alertez Les Bébés ».

Nous qui ne sommes que des grains de poussière. Et des bulles de champagne !

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AU 9 RUE DES NOUV’AILES #27

11 mars 2018 § 0 commentaire § permalink

« Traveiller ».

Se dit d’une activité qui consiste, avant de se lever le matin, à rester un temps allongé dans la chaleur de la couette, fixer son mental encore horizontal sur un projet en cours et laisser se déposer à la surface des neurones le résultat des décantations nocturnes. Activité encore plus plaisante lorsque l’alarme du réveil est déconnectée.

Ainsi sont nés Les Joueurs d’Horizons, L’Aronde Des Regards, Corne de Terre, J’irai Marcher Sur Vos Tongs, La Porte-Bonheur, Aile de Ciel, Mots Croisés et Les Roues de l’Arc-en-Ciel… Autant de projets qui dorment encore dans les cartons et dont certains verront bientôt j’espère, le jour de leur nuit.

Dans les motifs qui parsèment mon travail, il y a bien sûr tout ce qui dialogue entre œufs et plumes, entre labyrinthe et spirale, et puis tel un refrain qui revient comme une ritournelle qui aurait des ailes, il y a le motif de l’arc-en-ciel. Nul manifeste homosexuel, ode à l’Afrique du Sud ou allusion au Rainbow Warrior, mais, l’ai-je appris en écoutant la voix envoutante de Jean Claude Ameisen dans le samedi matin de France Inter, la certitude que ce signe entre Ciel et Terre où se mêlent pluie et soleil est un pont entre les hommes et les dieux. À chaque fois que j’en vois un (mais ces anneaux de diffraction vont toujours par deux et l’ordre de leurs couleurs est inversé), je pense toujours au « premier » arc-en-ciel et à son impact sur les pupilles et les esprits de ses premiers regardeurs. Et je me réjouis encore et encore de réaliser La Naissance d’un Arc en Ciel en juin prochain à Villeneuve d’Ascq (voir les Nouv’ailes n°26).

L’anagramme de guérison, c’est soigneur.

Pensez à aller donner votre sang, un jour peut être vous en aurez besoin…

Entre le rire et le rite, il n’y a que le parfum d’un air de thé.

Il m’est arrivé d’écrire amitiée avec un e ! Et de dire que « les hommes et les femmes sont belles » plutôt que « les hommes et les femmes sont beaux » ! Vive le souple accord de proximité plutôt que l’obsolète et rigide règle de la domination du masculin sur le féminin ! Allez, zou, « balance ton accord » !!!

Un typhon n’est jamais qu’un python pas bien organisé.

L’entreprise qui s’occupe du nettoyage de la station de RER des Halles s’appelle Onet. Ce qui valut aux voyageurs d’entendre cette annonce « Un employé de la société « honnête«  est attendu Porte Berger»

Dans les salles obscures de ces semaines blanches de flocons, Phantom Thread de Paul Thomas Anderson avec l’impeccable Daniel Day Lewis, L’Apparition avec le non moins impeccable Vincent Lindon, le sec et dur mais beau Jusqu’à la Garde , premier film de Xavier Legrand et le documentaire caustique et drôle des réalisateurs belges de l’émission Striptease, Jean Libon et Yves Hinant: cela s’appelle Ni Juge ,Ni Soumise et c’est vivement recommandé !

Vu aussi, et c’est de saison, dans le cadre d’un festival «des films qui venaient du froid» à la Filmothèque de Paris, Les Derniers Rois de Thulé tourné en 1969 par le grand Jean Malaurie âgé aujourd’hui de 95ans.

Dans les lectures de cet hiver aux bulles de neige, « Tiens ferme ta couronne » de Yannick Haenel, prix Médicis 2017, voyage déjanté d’un écrivain scénariste entre Melville et Moby Dick, Apocalypse Now, Michael Cimino et le Musée de la Chasse à Paris…

Lu aussi « Le jour ou Nina Simone a cessé de chanter » de Darina al-Joundi et Mohamed Kacimi, concentré de l’histoire du Liban contemporain. Et un polar bien dense entre Espagne des années 30, goulag soviétique et la Barcelone actuelle :

« Toutes les vagues de l’océan » de Victor del Arbol, dans la collection Actes Noirs (chez Actes Sud).

Dans les semaines qui s’en viennent aborder l’équinoxe, les lectures vont plutôt s’orienter vers les guides du Pays du Soleil Levant puisque je m’envole pendant deux semaines en avril vers Tokyo et Kyoto pour participer à un stage et à la Coupe du Monde de Kyudo les 24 et 25 avril au Meiji Jingú, célèbre sanctuaire shintoïste dans le parc de Yoyogi de Tokyo.

Un premier pas en Asie avec mon arc dans la soute à bagages. Il y aura donc un arc en ciel.

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AU 9 RUE DES NOUV’AILES #26

9 février 2018 § 0 commentaire § permalink

9 février 2018

Voulez vous bien chanter avec moi « When I’m sixty four… » ?

Y a t-il plus grand plaisir pour des bougies que d’être soufflées en compagnie de doux et chauds amis ? Ce fut le cas le week-end dernier dans la lumière enneigée du Mont Lozère. La veille j’avais appris qu’un de mes projets « La Naissance d’un Arc-en-Ciel » avait été sélectionné pour être réalisé début juin près de Villeneuve d’Ascq dans le cadre du symposium OPENSITES. Ce sera ma première intervention dans le nord de la France et j’en suis ravi.

UN GRAND MERCI. À tout ceux dont les messages de condoléances (de cum dolor, d’avec la douleur) m’ont chaleureusement réconforté après le décès de Maman.

Dans ses derniers vœux de président, François Mitterand a dit « je crois aux forces de l’esprit ». Qu’aurait-on pensé s’il avait dit « je crois à la force des esprits »

Êtes-vous onirocrite ? C’est ainsi que l’on nomme celui qui analyse les rêves et les songes. J’ai appris cela dans le livre de Tobie Nathan, fondateur de l’ethnopsychiatrie, intitulé La Nouvelle Interprétation des Rêves. J’y ai fait connaissance d’Artémidore de Dalmis, philosophe syrien d’expression grecque, auteur de L’Onirocritique, qui fut ouvrage de référence pour Sigmund Freud.

« Il n’y a pas de miroir dans les cellules des prisons » dit Robert Badinter dans le préface du livre Détenues de Bettina Rheims dont les photos de femmes incarcérées sont actuellement exposées au Château de Vincennes.

Quand les enfants ont un professeur des écoles homme, ils l’appellent « Maître ». Quand c’est une femme, ils l’appellent « Maîtresse ». Quand ils seront adultes, auront-ils une maître ou une maîtresse ?

« La littérature est la preuve que l’existence ne suffit pas » Fernando Pessoa

Elle est décédée en novembre dernier, mais elle avait une voix qui porte encore : Françoise Héritier m’avait fait sourire quand, dans une de ses dernières interview, elle avait signalé avec son franc-parler, qu’une femme « pouvait avoir des couilles » ! Comment ça ??? Et bien tout simplement, quand enceinte, elle porte un garçon …

Je ne suis pas un touche-à-tout. C’est le tout qui me touche. Jean Cocteau cité par l’avocat Emmanuel Pierrat.

Là-bas est loin sur l’horizon. Là-haut est loin dans le ciel. Il semblerait que le couple HAUT/BAS ne soit pas sur la même échelle  !

Dans les films qui ont coloré et colorent ce début d’année, c’est le noir et blanc qui l’emporte. Ils ne passeront pas sur de nombreux écrans, mais qui sait, un jour sur ARTE ou en DVD : il s’agit de Tharlo le berger tibétain, de Pema Tseden où, venu se faire faire une carte d’identité, il finit par y perdre la sienne. Avec un hors-champ sonore époustouflant. Et aussi un film hongrois de Ferenc Török, La Juste Route : deux juifs reviennent dans un petit village avec deux grosses malles et font remonter le trouble de l’histoire du village.

À voir aussi Three Bilboards avec la formidable France McDormand, Le Rire de Ma Mère, le drôle et touchant Gaspard va au Mariage, Une Saison en France avec un dernier plan où Sandrine Bonnaire dit tout le drame des migrants et de leur accueil. Je n’ai pas lu La Douleur de Marguerite Duras mais ai bien vibré au film d’Emmanuel Finkiel où rayonne Mélanie Thierry. Et pour finir, une chevauchée dans les steppes du Kirghizstan avec Centaure, de et avec Aktan Arym Kubat. Bonheur d’une fenêtre dépaysante !

Est ce qu’un pinte peut être peinte ?

Il y a 42 ans , je prenais mes premiers cours de théâtre à Nantes au Théâtréquipe, animés entre autres par Claudine Hunault. J’ai eu le plaisir de la retrouver à la Maison de la Poésie dans une formidable lecture-performance d’un roman poétique La Grande Balade d’Hélène Bessette dont on fête cette année le centenaire de sa naissance. Grand plaisir à prendre ainsi la mesure du temps.

Dans les pages qui m’ont réchauffé au cœur de l’hiver, il y eut l’araignée de Quand sort la recluse de Fred Vargas, Des Hommes sans femmes, nouvelles de Murakami mais surtout l’indispensable Sapiens de Yuval Noah Harari, sous-titré Une brève histoire de l’humanité, formidable survol de l’histoire de la gent humaine. J’y ai appris qu’il n’y avait pas de chevaux en Amérique quand Colomb y débarque en 1492. Et cette belle histoire : des astronautes qui s’entrainaient dans un désert lunaire des USA avant d’aller marcher sur la lune rencontrent un viel indien. Il leur confie que les gens de sa tribu croient que les esprits saints vivent sur la lune. Il leur demande de répéter et mémoriser un message de sa langue à destination de ces esprits. Revenu à leur base, les trois astronautes s’enquiert d’un traducteur pour connaître la teneur du message à délivrer. Quand il le découvre, il éclate de rire. Ce qu’ils avaient méticuleusement mémorisé voulait dire « ne croyez pas un mot de ce qu’ils vous racontent. Ils sont venus voler vos terres ».

Faites voler votre esprit, ne vous le faites pas voler. Et conjuguer passion avec patience.

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AU 9 RUE DES NOUV’AILES # 25

17 janvier 2018 § 0 commentaire § permalink

      Maman est partie….

     Ce n’est pas un pastiche du début de l’Étranger d’Albert Camus ni celui d’une chanson de William Sheller ou de Jacques Higelin, mais l’abrupte réalité qui s’est brutalement immiscée dans l’après midi du lundi 8 janvier. Triste nouvelle qui se superpose à un troublant sentiment de soulagement devant l’état dégradé de sa santé. Un AVC avait, courant décembre accentué les errements confus de son esprit. Alors, bon voyage aux pays des longs sommeils et au delà du mur des silences, gentille petite mère chérie.

     Je suis parti au tôt matin du 9 rejoindre à Angers ma sœur qui n’a malheureusement pas pu arriver avant le dernier souffle maternel, à la suite de l’appel de l’infirmier de l’EHPAD où elle vivait depuis près d’une dizaine d’années. Sur le quai matinal du RER, je repensais à ce semblable matin de mars 2002 où je faisais le même voyage suite au départ de mon père. Le wagon était comme cet autre matin, plein de ces employés et femmes de ménage encore ensommeillés qui travaillent avant tous les autres et à qui j’avais envie de crier silencieusement « oui, c’est difficile de se lever si tôt, mais vous êtes vivants, vivants… Et n’est-ce point là l’essentiel ? »

     Maintenant c’est le jour d’après, le temps de « vivre sans » et de « faire avec ». Les mots se font rares et les chroniques des films, livres et autres humeurs semblent soudain un tantinet dérisoires. Elles reviendront avec les jours qui rallongent déjà.

     Restez bien vivant, et faites rimer avec chaque instant.

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AU 9 RUE DES NOUV’AILES #24

10 décembre 2017 § 0 commentaire § permalink

Un crayon de soleil.

      Pour écrire avec la lumière en ce temps de l’année où les jours n’en finissent pas de raccourcir et le monde d’afficher Liberté Éradiquée Obscurité aux frontons de ses actualités. C’est à quoi j’emploie le plus clair de mon temps dans l’atelier qui a des fourmis dans les pinceaux qui aujourd’hui mènent vers leur achèvement toute une série de petits formats (l’atelier est plein comme… un œuf, n’y a plus de place pour les grands formats) entrepris depuis ma dernière exposition personnelle à la Galerie du Génie de la Bastille en octobre 2015. Et en même temps, je tente de faire éditer trois projets de livre dont l’un -LE PREMIER ŒUF, un conte sur la création illustré de 18 aquarelles qui résout la question de l’Œuf et de la Poule – a été écrit il y a une vingtaine d’années. Le deuxième s’appelle L’ŒUF DE YI, c’est aussi un conte illustré de gravures sur la pensée chinoise, l’histoire du Yi Jing et la rencontre entre le Premier Enfant et la Dernière Tortue de Chine. Quant au dernier, il s’appelle LE LIVRE DU OUI, c’est un abécédaire poétique autour de 26 mots et leurs contraires illustré de 26 aquarelles originales où se cache le mot contraire…. Un jeu de lettres et du hasard qui fait dire au A : « je suis celle qui donne du courage à la courge ».

       J’ai ouï le milan qui huit.

       J’aime bien voir le vol des rapaces dans le ciel des balades et des randonnées ou les croiser, veilleurs de nature au sommet d’un arbre ou d’une clôture. Comme tous les oiseaux, ils ont un degré de liberté de plus que nous puisqu’ils peuvent se poser où ils veulent. Et j’ai été heureux d’apprendre il y a peu de temps ce verbe huire qui qualifie le cri de cet oiseau qui espérons-le, vivra encore plus de mille ans.

       Prenons garde à ne pas confondre le temps et la durée !

       Je viens d’entendre Pierre Larouturou et Jean Jouzel lancer l’appel pour le climat que l’on peut signer sur climat-2020.eu Il faudra sans doute plus que des signatures mais il semblerait bien qu’au vu, par exemple des incendies de forêts qui viennent de ravager une partie de la Californie, et ce en plein mois de décembre (!), que l’urgence d’agir accélère son tempo !

       Beaucoup de recherches médicales tournent aujourd’hui sur le fonctionnement du cerveau. La question légitime est de savoir si l’observation du cerveau par imagerie modifie l’activité du cerveau. Autrement dit, peut-on observer le cerveau du chat de Schrödinger ?

       L’armure de l’Art est dans l’armoire de l’Amour.

       Que ce soit en peinture, en sculpture, en musique ou en danse, en littérature ou en poésie, l’émotion artistique est faite en chair et en os. Pas d’enchères et en hausse.

       Entendu à la radio: «Amiens bat Dijon»! Il n’était pas question de peinture, mais quel bagideon !

       C’est mon rituel du lundi avant d’aller tirer quelques estampes sur la presse de mon cours de gravure : j’aime entendre le silence des bulles d’acide chlorhydrique attaquer le zinc pendant que je travaille la couleur à l’autre bout de l’atelier et que le minuteur compte les secondes.

       « Le rite agit, mais il n’agit pas comme il dit » a écrit le philosophe Durckheim qui se demandait comment pourraient vivre les hommes sans dieux.

       La longue nuit / le bruit de l’eau / dit ce que je pense J’aime cet haïku du poète japonais Gochiku que m’a offert mon amie Nicole quand je l’ai appelée pour lui souhaiter ses 80 ans.

      Le contraire de la dépression, c’est l’expression. Pour effacer l’impression causée par l’oppression de la répression.

       Je ne me lasse pas de me réjouir que le cinéma ait été inventé par des frères qui s’appelaient Lumière.

       Aux premiers rangs des films du mois, la belle lumière de Les Gardiennes de Xavier Dubois et la belle histoire de la Villa de Robert Guédiguian. Et les impressionnants bégaiements de Sara Forestier dans son premier film M. Faites un saut de l’autre côté de la Méditerranée pour Prendre le Large avec la toujours rayonnante Sandrine Bonnaire et croisez plusieurs histoires mêlées En Attendant les Hirondelles du réalisateur algérien Karim Moussaoui. Prolongez votre visite dans le Maghreb avec Carré 35, documentaire d’Éric Caravaca partant à la recherche d’une sœur morte qu’il n’a jamais connue. Dans une veine plus fantastique le glaçant Thelma du norvégien Joachim Trier, qui avait réalisé Oslo, 31 août et dans une moindre mesure La Lune de Jupiter du Hongrois Kornel Mundrunczo. Enfin, j’ai bien aimé, essentiellement pour le jeu de son actrice Adeline d’Hermy le film Maryline, de Guillaume Gallienne.

       Les Ailes du Neuf vous souhaitent des rayons de couleurs aux faîtes de vos toits. Et des peintures de paix aux lumières de vos huis.

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AU 9 RUE DES NOUV’AILES #23

9 novembre 2017 § 0 commentaire § permalink

Numéro 23.

Pour ces Ailes de Novembre, il y a synchronicité entre le nombre et la période. En effet, le 23ème hexagramme du Yi Jing, nommé Bo, que l’on peut traduire par Usure, Élagage, -un trait yang au sommet de cinq traits yin- correspond à ce temps d’automne où la Terre se dépouille de ses feuilles, les châtaignes de leur bogues et les noix de leurs brous. Le temps du monotone automne va glisser de l’ocre des saisons vers le solstice hivernal pour préparer le retour de Janvier. Dans le rez de chaussée de l’atelier plein…comme un œuf, des livres peints, des pains de savon et du jaune, du papier de soie, de l’achillée millefeuille, de la couleur et de la lumière… Les tableaux attendent leur paisible achèvement dans le divin détail en forme de clé de voute. Au premier étage, la machine à répondre aux appels à projets en forme d’ordinateur s’est remise doucement en route et part demain pour Avranches et le Sancy …

Il paraît que les habitants de vénus sont venus sans accent.

J’ai aimé entendre Antoine de Gabert, fondateur de la Maison Rouge, (qui va fermer ses portes à l’automne 2018) parler dans l’émission À voix nue sur France Culture de la notion d’œil absolu, comme on dit d’un musicien qu’il a l’oreille absolue. Bien sûr, cet œil absolu n’existe pas… Mais il nous dit que le regard se construit, se nourrit, se mûrit…

Quand mon ombre dort, mon nombre d’or !

J’avais adoré le roman de Pierre Lemaître Au revoir là-haut, prix Goncourt 2013. Puis, je fus alléché par la bande-annonce du film éponyme d’Albert Dupontel et bien régalé par cette belle adaptation vue au terme de cinq jours intenses de déménagement et de vidage de la maison maternelle et angevine. Une pétillance de salle obscure ! Alors j’ai remonté le fil de Lemaître et lu les romans précédant son Goncourt, notamment les aventures du commissaire Verhoeven dans le très intense et joliment ficelé Alex qui va lui aussi prochainement être adapté au cinéma. J’avais déjà parlé ici du très bon Trois jours et une vie paru en 2016, véritable tempête dans la tête d’un enfant suite à la mort d’un chien…

Il y a deux ans, j’avais fait une installation devant le château de Villebourgeon, en Sologne, intitulée LES ANAGRAMMES DE SATURNE http://dodelaunay.com/entre-ciel-et-jaune/les-anagrammes-de-saturne/. Pendant ce montage, le châtelain avait reçu la visite d’une boîte de production en repérage pour un film du solognot Nicolas Vanier. L’École Buissonnière s’est finalement tournée en partie dans ce château et je n’ai pas boudé mon plaisir à voir sur écran l’action de ce bon film dans l’espace où je travaillai.

Dans les autres films du mois, Numéro Une, avec Emmanuelle Devos dans la jungle d’enfer des grandes entreprises, L’Atelier ou les dessous d’un atelier d’écriture à la Ciotat, avec la méditerranéenne et impeccable Marina Foïs et le film de la tunisienne Khaouter Ben Hania, La Belle et la Meute, neuf formidables plans-séquences sur une nuit après un viol. Les policiers qui ont inspiré cette fiction connaissent désormais la réalité de 15 ans de prison. Combien d’années pour Harvey W. l’homme qui prenait les femmes pour des butins ?

Peut on dire d’un homme encore vert que c’est un écologiste qui a bien vécu ? Mais peut-on parler d’une femme encore verte ?

Pressentant l’affluence à venir, je n’ai pas tardé à aller voir la formidable exposition Gauguin au Grand Palais, le lendemain de son ouverture. Et pour finir dignement ce moment d’art et de reg’art, je suis allé déguster La Passion Van Gogh, magnifique animation dont chacune des 12 images par seconde de ce film de 1H34 a été peinte à la main à la manière de Van Gogh. Virtuose et émouvant !

Vous pouvez aisément vous dispenser de la palme d’or cannoise de cette année (The Square) mais vibrerez comme cerf et biche à Corps et Âme du hongrois Ildiko Enyedi, qui accessoirement vous éloignera peut être de la côte de bœuf…

Prenez le temps de rire pour que le temps ne vous prenne pas de vitesse.

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AU 9 RUE DES NOUV’AILES #22

10 octobre 2017 § 0 commentaire § permalink

       Ses Majestés.

      C’est le nom du spectacle qui a été, à la demande générale, redonné hier soir au Théâtre Gérard Philippe de Saint -Denis. Un pur moment d’intenses émotions, de frissons de danses, de papiers kraft froissés et d’envols de chants. Sous la direction du chorégraphe Thierry Thieû Niang, 46 personnes de Saint-Denis (16 enfants, 7 femmes en cours d’alphabétisation de mon quartier, Le Franc Moisin, 15 jeunes, 8 retraités dionysiens, soit 18 hommes et 28 femmes) ont participé pendant 2 ans à 185 heures d’ateliers, 10 représentations, 2 voyages au Festival d’Avignon et à l’Opéra de Lille. « Le théâtre est un mensonge qui dit la vérité » disait Jean Cocteau. Là il faudrait y ajouter la puissance indélébile d’une expérience culturelle et sociale qui devrait être multipliée tous azimuths avec l’aide de quelques emplois…aidés. Tant qu’à faire on pourrait même introduire la méditation à l’école ! Qui oserait dire que ce ne serait pas rentable ? Pour des raisons de contingences matérielles, ce spectacle pluriel, vraiment émouvant et enthousiasmant, ne pourra pas tourner davantage. Mais un livre de la dessinatrice Marion Fayolle qui a assisté à toute cette expérience, la retracera en mots et en images dans un livre à paraître au printemps 2018 aux éditions Magnani.

       Entendu l’astrophysicien Christophe Galfard parler, à propos de son livre E=mc2, l’équation de tous les possibles, émettre l’hypothèse qu’au moment du Big Bang, il y a 13,8 milliards d’années, l’univers serait devenu… transparent. Et ainsi d’imaginer qu’à ce moment-là, ce ne fut pas la naissance de l’Univers mais bel et bien la naissance de la …lumière.

      Avez vous remarqué comme deviennent plus fréquentes, dans les infos du monde, les allusions à la fin de l’humanité…. Pas la fin du Monde, celle que nous ont rabâchée les religions de tous poils à la sauce Jugement Dernier, mais la fin de… Nous, dinosaures prétentieux qui ont voulu coloniser le profit, asservir Dame Nature et dominer la beauté de notre astre. (Sans nous, la petite boule bleue en forme de planète continuera bien son petit bonhomme de chemin d’orbite). Parfois j’enrage. Avant de me calmer. Je voudrais faire avaler à tous les dirigeants de Monsanto les tonnes de pesticides qu’ils ont fait ingurgiter à nos écosystèmes. Et d’espérer que l’enquête ouverte en août dernier par la Commission Européenne sur le rachat de cette firme par le géant chimique allemand Bayer aboutira à l’annulation de cette acquisition. Sinon, on pourra se servir à Berlin, des grosses berlines trichant au gas oil pour le transport des semences trafiquées et autres poisons tueurs d’abeilles !

     Erratum : Dans les Nouv’ailes n°21 de septembre dernier, le danseur au balai et aux grains de riz ne s’appelle pas Lee MingWei (lui, c’est le chorégraphe) mais Jean Gabriel Manolis. Mes excuses à ce duo enchanteur.

« Les livres sont faits pour partager l’intimité du monde » Kamel Aoud.

« Les livres sont un jardin qu’on peut mettre dans sa poche » a dit Yi Fu, oncle du chef de section adjoint du département des affaires criminelles Li Yan dans le 4ème sacrifice de Peter May. Dont j’ai bien apprécié aussi Les Disparues de Shangai .

      Il m’arrive de temps en temps d’écouter les critiques du Masque et la Plume et leurs bonnes doses de cabotinage et de mauvaise foi de catcheurs radiophoniques. Mais souvent, ce que je préfère c’est les conseils furtifs en fin d’émission, coups de cœur lancés comme un indice fécond dans la grande jungle des livres déguisée en labyrinthe de librairie. Ainsi fut évoqué Sur la plage de Chesil de Ian McEwan, joli petit roman chronique d’une nuit de noces ratée.

      C’est ainsi aussi que je m’en fus voir le très beau film d’animation Téhéran Tabou sur, entre autres choses, la vie sexuelle, hypocrite et corrompue au pays des durs mollahs. Édifiant !

      Deux membres de l’Académie Royale d’Espagne s’en vinrent à Paris chercher un exemplaire de la première édition de l’Encyclopédie de Messieurs Diderot, d’Alembert et autres penseurs des Lumières : c’est Deux hommes de bien de l’espagnol Arturo Perez-Reverte, roman d’un écrivain qui écrit un roman sur ces deux illustres personnages voyageant d’Espagne en France à la vitesse de leur coche. L’histoire ne dit pas s’il prônait l’indépendance de la Catalogne, mais bien celle de l’illustre catalogue du siècle des Lumières.

Les petits basques sont ils à l’aise dans leurs basquettes ?

      Votre ville est-elle bien achalandée en pistes cyclables et autres aménagements vélocipédiques ? Dites que vous en connaissez un rayon, donnez votre grain de selle et offrez pignon sur rue à votre vélo en participant aux deux roues de l’enquête https://www.parlons-velo.fr/

      Dans les autres films du mois de moi, il y a le dur mais génial Faute d’Amour, le drôle et bien troussé Sens de la Fête, le trop bavard (Taisez-vous, Angot!) Un Grand Soleil Intérieur que seul sauve le jeu de la Binoche, le formidable et contaminé thriller bovin Petit Paysan , les belles Années Folles de Téchiné, Le Jeune Karl Marx, Le Redoutable Godard que son ex et héroïne du film Anne Wiazemsky aura eu le temps de voir avant de nous quitter il y a trois jours. Juste avant Jean Rochefort dont je me souviens d’Un Étrange Voyage, très beau petit film d’Alain Cavalier sorti en 1981 avec Camille de Casabianca : la recherche au long d’une voie ferrée d’une femme disparue en train entre Paris et Troyes par son mari et sa fille.

      Je ne parle ici que des films que j’aime, ne voulant pas gaspiller salive et encre à jaser de ceux que je n’aime point. Exception sera faite de Mother ! de Darren Aronofsky, daube innommable à éviter de toute urgence.

      Aux seins de l’automne, je vous souhaite des baisers colorés de lumière.

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AU 9 RUE DES NOUV’AILES #21

8 septembre 2017 § 0 commentaire § permalink

9 septembre 2017

Bouquetiner.

Se dit d’une bande de joyeux randonneurs passant la nuit dans le bivouac Nino Suardi, tenu par des bénévoles italiens qui se relaient chaque semaine, à la frontière du Queyras et de l’Italie, au pied du Mont Viso, et observant au matin frémissant les bouquetins faire leur show sur les crêtes avoisinantes avant d’aller lécher les pierres, salées par les bons soins de ces généreux aubergistes des montagnes. Au retour de ces journées d’altitude, les feux de camp, le bain norvégien de l’aire naturelle de camping de Ristolas prolongeront longtemps les plaisirs simples, chaleureux et bien déconnectés de cette bande d’amis qui fêtaient, comme de fidèles oiseaux migrateurs, cette vingtième année de retrouvailles aoutiennes, estives festives ensoleillées de rires et de sourires.

« Un secret a toujours la forme d’une oreille » a dit Jean Cocteau. Car le secret secrète…

Mais la rentrée est rentrée, sur les chapeaux de roues. (« S’il te plaît, dessine moi un chapeau, disait la roue de la rentrée »). Ce sera le week end prochain, dans le cadre du GÉNIE EN LIBERTÉ, parcours artistique dans le 11ème arrondissement de Paris. J’y exposerai une dizaine de sculptures nouvelles et quelques gravures dans l’atelier d’un ami sculpteur, Jean Chazy, au 37bis rue de Montreuil 75011. Ce sera le vendredi 15, samedi 16 et dimanche 17 septembre de 14 à 20h. J’y serai tous les jours. (06 83 75 39 35, le vendredi à partir de 17h seulement, car j’ai repris le chemin des écoles pour intervenir dans le cadre des TAP (Temps d’Activités Périscolaires) dans deux écoles parisiennes les mardi et vendredi.

Chérissons nous assez les hérissons ?

Inondations de Houston, cyclones sur les Antilles…. De silencieuses pensées d’empathie naviguent vers ces contrées… Et dire que d’aucun se demande encore si cela a un lien avec le réchauffement climatique!!! Éternel dilemme de la preuve que c’est bien l’œuf qui a fait la poule, à moins que ce soit l’inverse !!! Dans son édito de ce matin sur Inter, Thomas Legrand signait son billet en disant que les écologistes ne faisaient pas de bons candidats aux élections présidentielles, mais qu’ils avaient tous, depuis René Dumont en 1974 bougrement raison ! Il va falloir poursuivre les noces de Cassandre avec Sisyphe… Et augmenter le taux de lucidité dans l’atmosphère en joignant l’œil du Cyclope à l’œil du Cyclone.

Et n’oubliez pas que les continents dérivent à la même vitesse que poussent vos ongles.

« Peindre : décrire, représenter par l’écriture ou la parole. Dépeindre : décrire, représenter avec exactitude » dit le Larousse. Alors comment dépeindre la peinture ? En peignant (sans peigne) la dépeinture ? Je me souviens d’un ami peintre espagnol à qui il fut impossible d’expliquer que le participe présent du verbe peindre était le même que celui du verbe peigner ! C’est peut être pour cela que mes amis québécois ont inventé le verbe peinturer !

Un poème est une peinture invisible, une peinture est un poème visible

Dans les quelques lectures de l’été, Yeruldelgeer, polar mongol de Ian Manook. Soudain, seuls, roman austral et glaçant d’Isabelle Autissier. L’histoire du Lion Personne de Stéphane Audeguy. Le convoi de l’eau du japonais Akira Yoshimura et Travail Soigné de Pierre Lemaitre, polar bien ficelé mais qui n’atteint pas l’altitude de son Goncourt 2013 Au revoir là-haut. Entrepris aussi de me plonger, avec Meurtres à Pékin, dans les polars chinois de Peter May après avoir adoré sa trilogie écossaise. Changement radical d’univers, plaisir différent mais néanmoins toujours aussi prenant.

En rapportant à la rentrée mes emprunts estivaux à la médiathèque de mon quartier qui porte le joli nom d’Ulysse, je tombe sur le dernier Pennac -Le Cas Malaussène- et retombe illico dans le verbe et la verve joyeuse de ce jongleur d’univers et de famille déjantée, bien aidé par l’index en fin de volume qui me fait renouer avec tous les membres de cette saga foutraque. Jubilant !

Mais elle était trop peureuse d’être trop heureuse.

Me suis régalé cet été à la réécoute des émissions Sur les épaules de Darwin, de Jean Claude Ameisen, diffusée le samedi matin à 11h sur Inter, heure à laquelle habituellement j’essaie d’atteindre la cible avec un arc en bambou et quelques flèches d’inspiration japonaise. Notamment ses deux émissions sur la pensée chinoise, suivies de celles sur les traces des déluges et autres tsunamis dans les différentes cosmogonies humaines. Épatant et nourrissant!

https://www.franceinter.fr/emissions/sur-les-epaules-de-darwin/sur-les-epaules-de-darwin-15-juillet-2017

Ne pas confondre les vases communicants et les vases communicantes.

Dans les films  que j’ai aimé cet été, l’excellent Le Caire Confidentiel, Les Filles d’Avril, Patagonia, el invernio, et Rembrant, fecit 1669. Et depuis la rentrée, un bon polar espagnol Que Dios no pardones et l’impressionnant 120 battements par minute, de Robin Campillo. Ce soir, je sors enchanté, c’est le cas de le dire, du Barbara de Mathieu Amalric avec la mimétique Jeanne Balibar, biopic qui n’en est pas vraiment un et fait revivre et vivre la mémoire de la chanteuse.

Une question a taraudé mon été : est-ce que les roues à aube fonctionnent aussi le soir ?

Cherchez la réponse au joyeux midi de vos équinoxes.

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AU 9 RUE DES NOUV’AILES #20

25 juin 2017 § 0 commentaire § permalink

PLUMES DE VÉLO …

C’est le titre de l’installation que j’ai réalisée en ce mois de juin ensoleillé à Casteljaloux, dans le Lot & Garonne, dans le cadre du parcours artistique « ART/ÈRE, CIRCULEZ ! TOUT EST À VOIR! ». Onze œuvres d’art jalonnent les territoires de quatre communautés de communes, de Marmande à Duras en passant par Gontaud de Nogaret ou Miramont de Guyenne. Vous pouvez en voir quelques facettes dans les images de ces Nouv’ailes. Je vous laisse imaginer le mouvement des plumes tournoyant dans le vent sous les ailes de ce vélo volant. Vous pouvez également la voir in situ dans le parc municipal jusqu’au 30 septembre si vos chemins estivaux passent par cette charmante bourgade sur la route de Mont de Marsan. À noter une heureuse synchronicité en forme d’éventuel clin d’œil télévisuel: le Tour de France passera juste devant cette installation le 12 juillet prochain lors de sa onzième étape entre Eymet et Pau. À vos cassettes, comme avertissait le regretté Jean Christophe Averty, récemment en allé au paradis des sons.
«Un tableau est réussi quand il est silencieux» (le peintre Poliakoff cité par Anne Gavalda lors de la parution récente de son livre de nouvelles Fendre l’armure).
« Mon premier est une salade, mon deuxième est une salade, mon troisième….., mon huitième est une salade. Mon tout est un écrivain anglais. » Charade captée à la radio en hommage drôle et posthume à la romancière et scénariste Emmanuelle Bernheim décédée le 10 mai dernier. La réponse est : « Les Huit Scaroles ».
Je n’ai jamais vu au cinéma la mort de Bambi mais me souviens que mes premières larmes télévisuelles furent pour la mort des indiens dans un feuilleton du début des années soixante qui s’appelait (je crois) Aigle Noir. Est ce à ce moment-là qu’est née mon empathie admirative pour les cultures amérindiennes?
Au rythme actuel du déminage, il faudra encore 300 ans pour éradiquer toutes les mines du sol du Vietnam !
«C’est en faisant que je trouve ce que je cherche». Pierre Soulages, cité par Camille à propos de son disque OUÏ (un régal) écouté en boucle dans la Twingo blanche entre les haltes ensoleillées et amicales qui m’ont emmené dans le Sud-Ouest.
Je me souviens du film Océan sorti en 2010 et de ces superbes images où un banc de harengs en forme d’œuf se déplaçait rapidement sans perdre sa forme face à la menace d’un prédateur. Qui décidait ce déplacement furtif? Même question devant les si beaux mouvements aériens des nuées d’étourneaux. La réponse viendra peut être des recherches actuellement menées en intelligence animale notamment sur l’intrigant concept «d’intelligence en essaim». J’y ai repensé aussi en observant dans le lac de Clarens près de Casteljaloux un essaim d’alevins chaperonné par une maman (?) poisson-chat. La masse sombre de ces petits poissons se déplaçait, telle une grosse chenille malléable en forme de balai o’cédar aléatoire, entre roseaux et herbes du bord du lac. Bobby Lapointe aurait aimé ce spectacle.

Dans un nuage, on peut voir un ange nu.

Depuis quelque temps, j’agrémente mes petit-déjeuners de fromage blanc en faisselle. Dans mon super marché dionysien, elle coûte 2,09€ les 500g. À Casteljaloux. Elle coûte 2,14€ … le kilo ! À voir le gabarit des employés des services techniques de cette cité qui m’ont aidé à mettre en place mon « véolcipède » (Merci Cédric!), je méditais sur les bienfaits des nourritures terrestres du Sud-Ouest. En souriant à l’humour des agriculteurs de la Coordination Rurale de cette région (voir photo jointe n°5).
Je croyais avoir lu la plus grande partie de son œuvre mais ai découvert récemment, (en attendant de lire son dernier paru en France le 2 mars dernier « Les Hommes sans femmes ») un nouvel opus de Haruki Murakami, écrit en 1988 et traduit en 1995 intitulé « Danse, danse, danse ». Avec toujours le même glissando subtil du plaisir à déambuler entre les lignes de la fiction et la réalité, du quotidien et de l’imaginaire, de la poésie et de l’irrationnel.
«Le théâtre, c’est l’art de l’Autre». J’ai bien aimé cette sentence d’Ariane Mouchkine à propos de son spectacle Une Chambre en Inde. Neuf mots qui disent la réalité et la fiction de l’identité de l’humanité.
Au cinéma, j’ai ri avec Marie-)Francine de Valérie Lemercier et pleuré avec I’m Not your Negro, documentaire du haïtien Raoul Peck sur James Baldwin, compagnon de lutte de Martin Luther King.
Puis je suis allé voir la rétrospective Walker Evans au Centre Pompidou avec ses célèbres photos des États Unis des années 30. Mais les plus belles émotions d’exposition furent celles de Picasso primitif au Musée du Quai Branly. Dira-t-on assez comment le regard sur les arts que je continue à appeler premiers, et conséquemment les regards sur l’Art en général, ont profondément changé dans le monde occidental depuis un quart de siècle et en gros depuis l’exposition les Magiciens de la Terre en 1989. Mais le succès du Quai Branly a malheureusement fait de l’ombre au formidable Musée Dapper qui débuta dans la cour d’un hôtel particulier de l’avenue Victor Hugo, près de l’Arc de Triomphe puis s’agrandit dans la voisine rue Paul Valéry et qui hélas a fermé ses portes hier. Je salue ici, tous celles et ceux qui l’on fait vivre pendant ces trois décennies et ont eux aussi profondément contribué à ces « Arts de l’Autre ».
Le succès c’est d’aller d’échecs en échecs sans perdre son enthousiasme (Churchill).
Comme chaque année, ces Nouv’ailes s’interrompent et vous donnent rendez vous au 9 du neuvième mois. Avec comme perspective, un parcours du Génie en Liberté dans le quartier de la Bastille les 15, 16 et 17 septembre. En plus d’une installation devant la mairie du 11ème arrondissement, j’y exposerai quelques sculptures dans l’atelier d’un ami.

J’aborde cet été sur le rasoir du fil précaire de la vie d’artiste. Sur les 26 appels à projet auxquels j’ai répondu depuis novembre dernier, pour l’instant, seul celui de Plumes de Vélo, a été retenu. Heureusement que ma névrose d’optimisme à voir le verre à moitié plein ne se guérit pas. Alors, en ces journées les plus chaudes et les plus courtes de l’année, je vous souhaite de passer l’été avec un balancier de beauté en guise de parasol et des ailes de regards sous vos chaussures d’aventures.
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AU 9 RUE DES NOUV’AILES #19

9 mai 2017 § 0 commentaire § permalink

Francement !

J’aime ce pays que je déteste. Capable d’élire un jeune type jamais élu mis en marche il y a à peine un an et dès le lendemain de son élection manifester contre lui pour dénoncer ce qu’il n’a pas encore commencé. Capable de dire un dimanche, franchement non à un vieux parti xénophobe et polémiquant dès le lundi matin sur les soubassements des pourcentages du vote. Capable d’envoyer un fier message au monde qui le regarde et flippant déjà sur la prochaine élection de 2022. Pays râleur qui a inventé le champagne et l’autoflagellation, je t’abhorre d’amour !

Je me souviens avoir écrit au présent de cette chronique il y a cinq ans la joie d’avoir mis une baffe au p’tit Nicolas. Sans trop d’illusions sur l’à-venir, mais avec quand même l’espoir d’une dynamique vers une transition écologique. L’espoir s’est amenuisé, l’écologie n’est toujours pas assez en transition et la culture toujours passée sous silence. Cinq ans plus tard, j’ai juste envie de saluer la jeunesse et l’audace, l’envie qu’on en finisse avec les clivages stériles, que l’on trouve vraiment des solutions pour rebooster, si c’est encore possible, notre occident fatigué et qu’on se laisse le temps et la confiance de l’expérimentation et de la mise en œuvre. Parce que jamais l’augmentation du niveau des océans n’a été aussi rapide que pendant les dernières décennies !

Et n’oubliez pas qu’avant ces élections, 78% des français étaient déjà mécontents du futur président ! (Sondage Yflop).

Le contraire de la vérité n’est pas le mensonge, c’est le silence (Élie Wiesel).

Comme je fus content de partir une dizaine de jours avant ce premier round électoral… Décrocher de cet inlassable essoreuse en forme d’incessants bavardages pour le silence du dessin, le partage de l’amitié et quelques bulles de fête … Pour hélas, revenir ici le soir de l’attentat des Champs Élysées …

Au retour du pays des muezzin trop présents à l’heure de l’apéro, je vis « Le jour où l’espoir nous a prises par surprise », très beau spectacle dit par Jihad Darwiche, récitant et écrivain libanais accompagné au piano par Henry Torgue, fait de témoignages de femmes de la Place Tahrir recueillies après la révolution égyptienne de 2011. Édifiant !

Quand l’ours sonne, que fait l’oursonne ?

Dans l’actualité artistique de mon printemps, une série de petits formats et quelques sculptures sont en voie d’achèvement dans les dédales de l’atelier. Et je vais participer du 17 au 28 mai, dans le cadre européen de Manifestampe et de la journée internationale de l’Estampe qui se tient tous les ans le 26 mai, à une exposition collective de gravures à la Galerie du Génie de la Bastille à Paris. Il y aura pendant cette expo des démonstrations et ateliers de présentation de techniques de gravures. Entre autres, j’y exposerai Respir que vous pouvez voir en pièce jointe de ces Nouv’ailes. Je vous enverrai l’invitation dans quelques jours. Je vous remercie par avance de la faire circuler et d’ainsi optimiser les possibilités de vente de ces œuvres à petit budget en ce printemps de ruminants non obèses.

Si votre budget est plus conséquent, vous pouvez vous rendre sur le site ARTSPER où j’ai mis quelques tableaux en vente : http://www.artsper.com/fr?q=DO%20DELAUNAY&hPP=60&idx=artworks&p=0&is_v=1 Si votre budget ne l’est pas du tout -conséquent- allez quand même y jeter un click et ainsi augmenter ma visibilité et mon référencement sur ce site. La visite est gratuite ! J’ai grand besoin de votre regard pour le cœur et de votre soutien pour le ventre.

Comme mon amie Claude (que j’embrasse) je suis épicène. La chanteuse Camille aussi. C’est-à-dire que j’ai un prénom – Dominique – qui a la même orthographe au masculin et au féminin.

Mitori Geiko signifie littéralement en japonais « voler la technique avec les yeux ». C’est une méthode d’apprentissage par l’attention et le regard, très présente dans le Kyudo (tir à l’arc japonais) et bien d’autres arts martiaux. Devrait être dorénavant enseignée sur les bancs de nos écoles et collèges !

Quand Èva apparaît, peut-on parler d’Èva naissante ?

Dans les films oubliés du mois de Mars, le douloureux mais pêchu et drôle « Patients » de Grand Corps Malade. Dans ceux d’avril, le somptueux et vivement recommandé « Emily Dickingson, A Quiet Passion » du britannique Terence Davies, auteur fameux entre autres de « Distant Voices, Still Lives » et de « The Deep Blue Sea », également recommandés. À voir aussi « À mon âge, je me cache encore pour fumer » beau titre pour un huis clos dans un hamman algérien en 1995. Impressionnant ! On peut aussi voir « Aurore » avec Agnès Jaoui et « Cessez le feu » avec Romain Duris, Grégory Gatebois et Céline Salette. Et aussi « En amont du fleuve » avec Olivier Gourmet, Sergi Lopez et des paysages croates. Plus décapant, entre Bangkok et Birmanie est « Adieu à Mandalay ».

Gal, amant de la Reine, alla, tour magnanime, galamment de l’arène à la Tour Magne à Nîmes.

J’étais allé l’écouter à la Maison de la Poésie, interviewée par Maylis de Kerangal et je me suis délecté de la lecture de son roman Dans le silence du vent. Il s’agit de Louise Erdrich, grande auteure et figure de la littérature amérindienne. Je poursuis mon exploration de l’œuvre de Peter May avec la lecture de « l’Île au Rébus » polar situé entre Munich, l’île de Groix et Agadir. La synchronicité avec mon retour de cette ville tombait à point nommé et me remit en mémoire ce qui est pour moi un de mes premiers souvenirs « médiatiques », à savoir le tremblement de terre du 29 février 1960 qui est une des clés de ce roman. Lu aussi du même auteur « Scène de crime virtuelle » qui se passe dans l’univers « Second Life » à Los Angeles. La virtualité donne beaucoup de virtuosité au scénario, il n’empêche que l’intrigue pâtit quelque peu de ce trop plein de possibilités. Un écho de notre moderne réalité ?

Pour le dernier numéro de cette saison 2016-2017, le 10 s’ajoutera au 9 et les Nouv’ailes ne paraîtront que le …19 juin, juste après PLUMES DE VÉLO (voir Nouv’ailes #17) installées dans le petit village de Casteljaloux, en Lot & Garonne, non loin de Marmande.

En attendant ce qui va présider à nos avenirs, restez sauf et sur le qui-vive ! Fêtes-vous un joli mois de mai. Et un beau moi de «mais ?».

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