AU 9 RUE DES NOUV’AILES #22

10 octobre 2017 § 0 commentaire

       Ses Majestés.

      C’est le nom du spectacle qui a été, à la demande générale, redonné hier soir au Théâtre Gérard Philippe de Saint -Denis. Un pur moment d’intenses émotions, de frissons de danses, de papiers kraft froissés et d’envols de chants. Sous la direction du chorégraphe Thierry Thieû Niang, 46 personnes de Saint-Denis (16 enfants, 7 femmes en cours d’alphabétisation de mon quartier, Le Franc Moisin, 15 jeunes, 8 retraités dionysiens, soit 18 hommes et 28 femmes) ont participé pendant 2 ans à 185 heures d’ateliers, 10 représentations, 2 voyages au Festival d’Avignon et à l’Opéra de Lille. « Le théâtre est un mensonge qui dit la vérité » disait Jean Cocteau. Là il faudrait y ajouter la puissance indélébile d’une expérience culturelle et sociale qui devrait être multipliée tous azimuths avec l’aide de quelques emplois…aidés. Tant qu’à faire on pourrait même introduire la méditation à l’école ! Qui oserait dire que ce ne serait pas rentable ? Pour des raisons de contingences matérielles, ce spectacle pluriel, vraiment émouvant et enthousiasmant, ne pourra pas tourner davantage. Mais un livre de la dessinatrice Marion Fayolle qui a assisté à toute cette expérience, la retracera en mots et en images dans un livre à paraître au printemps 2018 aux éditions Magnani.

       Entendu l’astrophysicien Christophe Galfard parler, à propos de son livre E=mc2, l’équation de tous les possibles, émettre l’hypothèse qu’au moment du Big Bang, il y a 13,8 milliards d’années, l’univers serait devenu… transparent. Et ainsi d’imaginer qu’à ce moment-là, ce ne fut pas la naissance de l’Univers mais bel et bien la naissance de la …lumière.

      Avez vous remarqué comme deviennent plus fréquentes, dans les infos du monde, les allusions à la fin de l’humanité…. Pas la fin du Monde, celle que nous ont rabâchée les religions de tous poils à la sauce Jugement Dernier, mais la fin de… Nous, dinosaures prétentieux qui ont voulu coloniser le profit, asservir Dame Nature et dominer la beauté de notre astre. (Sans nous, la petite boule bleue en forme de planète continuera bien son petit bonhomme de chemin d’orbite). Parfois j’enrage. Avant de me calmer. Je voudrais faire avaler à tous les dirigeants de Monsanto les tonnes de pesticides qu’ils ont fait ingurgiter à nos écosystèmes. Et d’espérer que l’enquête ouverte en août dernier par la Commission Européenne sur le rachat de cette firme par le géant chimique allemand Bayer aboutira à l’annulation de cette acquisition. Sinon, on pourra se servir à Berlin, des grosses berlines trichant au gas oil pour le transport des semences trafiquées et autres poisons tueurs d’abeilles !

     Erratum : Dans les Nouv’ailes n°21 de septembre dernier, le danseur au balai et aux grains de riz ne s’appelle pas Lee MingWei (lui, c’est le chorégraphe) mais Jean Gabriel Manolis. Mes excuses à ce duo enchanteur.

« Les livres sont faits pour partager l’intimité du monde » Kamel Aoud.

« Les livres sont un jardin qu’on peut mettre dans sa poche » a dit Yi Fu, oncle du chef de section adjoint du département des affaires criminelles Li Yan dans le 4ème sacrifice de Peter May. Dont j’ai bien apprécié aussi Les Disparues de Shangai .

      Il m’arrive de temps en temps d’écouter les critiques du Masque et la Plume et leurs bonnes doses de cabotinage et de mauvaise foi de catcheurs radiophoniques. Mais souvent, ce que je préfère c’est les conseils furtifs en fin d’émission, coups de cœur lancés comme un indice fécond dans la grande jungle des livres déguisée en labyrinthe de librairie. Ainsi fut évoqué Sur la plage de Chesil de Ian McEwan, joli petit roman chronique d’une nuit de noces ratée.

      C’est ainsi aussi que je m’en fus voir le très beau film d’animation Téhéran Tabou sur, entre autres choses, la vie sexuelle, hypocrite et corrompue au pays des durs mollahs. Édifiant !

      Deux membres de l’Académie Royale d’Espagne s’en vinrent à Paris chercher un exemplaire de la première édition de l’Encyclopédie de Messieurs Diderot, d’Alembert et autres penseurs des Lumières : c’est Deux hommes de bien de l’espagnol Arturo Perez-Reverte, roman d’un écrivain qui écrit un roman sur ces deux illustres personnages voyageant d’Espagne en France à la vitesse de leur coche. L’histoire ne dit pas s’il prônait l’indépendance de la Catalogne, mais bien celle de l’illustre catalogue du siècle des Lumières.

Les petits basques sont ils à l’aise dans leurs basquettes ?

      Votre ville est-elle bien achalandée en pistes cyclables et autres aménagements vélocipédiques ? Dites que vous en connaissez un rayon, donnez votre grain de selle et offrez pignon sur rue à votre vélo en participant aux deux roues de l’enquête https://www.parlons-velo.fr/

      Dans les autres films du mois de moi, il y a le dur mais génial Faute d’Amour, le drôle et bien troussé Sens de la Fête, le trop bavard (Taisez-vous, Angot!) Un Grand Soleil Intérieur que seul sauve le jeu de la Binoche, le formidable et contaminé thriller bovin Petit Paysan , les belles Années Folles de Téchiné, Le Jeune Karl Marx, Le Redoutable Godard que son ex et héroïne du film Anne Wiazemsky aura eu le temps de voir avant de nous quitter il y a trois jours. Juste avant Jean Rochefort dont je me souviens d’Un Étrange Voyage, très beau petit film d’Alain Cavalier sorti en 1981 avec Camille de Casabianca : la recherche au long d’une voie ferrée d’une femme disparue en train entre Paris et Troyes par son mari et sa fille.

      Je ne parle ici que des films que j’aime, ne voulant pas gaspiller salive et encre à jaser de ceux que je n’aime point. Exception sera faite de Mother ! de Darren Aronofsky, daube innommable à éviter de toute urgence.

      Aux seins de l’automne, je vous souhaite des baisers colorés de lumière.

      do 91017

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