AU 9 RUE DES NOUV’AILES # 18

9 avril 2017 § 0 commentaire

Cadeau.
L’invitation printanière était arrivée en novembre dernier, au moment où, connaissant enfin le montant (qui devrait plutôt s’appeler descendant) de ma retraite, j’appris la perte de mes cours d’arts plastiques à la MJC de Ballan-Miré. L’hiver s’annonçait maigre, l’hésitation fut de mise pour cette perspective post-équinoxe mais l’art et l’amitié l’ont chassée et c’est pourquoi je pars demain pour une dizaine de jours vers les rivages atlantiques du Maroc, fêter le demi-siècle de Nathaly dans les cités d’Agadir et d’Essaouira… Prof de maths remplaçant dans un collège de la banlieue nantaise au début des années 80, je l’avais comme élève en classe de quatrième… Les voyages et le temps ont nourri l’amitié qui sera fêtée en ce week-end pascal dans l’ancienne Mogador, ainsi nommée pendant le protectorat français entre 1912 et 1956 et qui reprit son nom d’Essaouira lors de l’indépendance.
« L’amitié, c’est une conversation qui peut s’interrompre et reprendre n’importe quand ». Claude Sérillon à propos de la parution de son livre de nouvelles La Conversation aux Éditions Cent Mille Milliards.
Cette escapade marocaine est pour moi une bouée de soleil en ce printemps maigrelet… Et aussi un grand bol d’air d’évasion avant le glissement des bulletins dans les urnes saturées de tam-tams médiatiques… Et ce n’est probablement pas l’écologie qui a mes faveurs depuis plus de quarante ans qui sortira victorieuse de ce grand chambardement électoral. Et pourtant, il y a urgence, n’est-il pas ? Quoiqu’il en soit, n’oubliez pas d’aller voter à deux mains, qui est presque l’anagramme de votre demain.
La harangue n’est pas la femme du hareng.
L’exposition LE GÉNIE DU DESSIN    fut une belle expérience artistique et conviviale. Pas de vente mais de beaux moments de partage et une belle séance improvisée de dessins collectifs. Prochain rendez-vous, fin mai avec une exposition de gravures dans le cadre de l’événement national MANIFESTAMPE.
Entendu sur les ondes : des sociologues ont interrogé des gens en soins palliatifs, sachant donc qu’ils n’avaient plus que quelques jours et quelques nuits à vivre : la majorité d’entre eux regrettait d’avoir eu une vie formatée sur un modèle qui leur avait été imposé. Et de me remémorer ce court poème de René Char, dont j’ai fait une de mes devises: «Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront».
« Sois toi-même , les autres c’est déjà pris ! » Sacha Guitry cité à la radio par Chantal Ladesou.
23 mars au matin : «Dans notre monde, l’essentiel est toujours menacé par l’insignifiant» René Char cité par Nicolas Hulot dans le cadre de lancement de l’Appel des Solidarités. «La misère c’est comme l’eau, elle trouve toujours son chemin, aucun mur ne l’arrête. Alors, Chacun pour tous !»
« La mélancolie est une maladie qui consiste à voir les choses comme elles sont » Gérard de Nerval.
24 mars : le printemps s’approche depuis quelques jours trop humides. Je finis Le Quatrième Mur…. Roman de Sorj Chalandon qui conte le rêve fou de jouer Antigone à Beyrouth en 1982, au temps du massacre de Sabra et Chatila. Édifiant et profond en ces temps où cette région du monde est encore (et toujours ?) lieu de tragédie. Au soir, surprise je vais voir sur une invitation impromptue (merci Marie, merci Sylvie) Une Chambre en Inde à la Cartoucherie de Vincennes…. Puissance du théâtre total… Ou comment faire rimer instant avec intense. À voir, c’est jusqu’au 6 juillet…
Dans les belles lectures du mois, Désorientale de Negar Djavadi. La grande histoire de l’Iran et de sa révolution à travers la petite histoire, le regard et la famille d’une jeune iranienne exilée à 10 ans. Passionnant.
« La fin justifie les moyens mais qui justifiera la fin ?» Albert Camus, cité dans le poste par Lucien Attoun.
Dans les films oubliés de mars qui seront peut être un jour visibles en DVD ou rediffusion: Fukushima mon amour, rencontre entre une jeune animatrice allemande et une vieille geisha qui revient habiter sa maison au cœur de la zone irradiée… et Noces, ou l’influence également tragique du Pakistan sur un mariage arrangé en Belgique.
Le Pain est-il au Papa ce que la Main est à la Maman ?
Dans ceux d’avril, le très beau The Lost City of Z de James Gray, Orpheline d’Arnaud Des Pallières (quatre actrices pour jouer les quatre temps de la vie d’une femme, superbe !). Et aussi Sage Femme pour les croisements des deux Catherine (Frot et Deneuve), Paris Pieds Nus des loufoques Fiona Gordon et Dominique Abel avec Emmanuelle Riva dans son (dernier) rôle de vieille femme décalée (un régal), l’argentin Citoyen d’Honneur où les aventures d’un prix Nobel qui revient dans son village natal (réjouissant), la formidable africaine Félicité d’Alain Gomis et Corporate pour vous dégouter à jamais des méthodes dites modernes et en réalité totalement barbares du management des ressources humaines… qui n’ont plus rien d’humaines… Je repense à un ami rencontré en agence de pub, aujourd’hui disparu qui m’encourageait dans mon chemin d’artiste et qui devant mes doutes trop chroniques me dit un jour  « Au moins tu as échappé au monde de l’entreprise… ».
« L’esprit d’enfance c’est l’esprit de la première fois » Roger Pol Droit. J’en suis !
Vivre Libre Vibre Livre. Tentez cette phrase sans bafouiller et surtout ne rayez aucune mention inutile. Rendez-vous au prochain fil de l’amitié du Neuf.
    do 9417

RUE DES NOUV'AILES_18-1 RUE DES NOUV'AILES_18-2 RUE DES NOUV'AILES_18-3 RUE DES NOUV'AILES_18-4 RUE DES NOUV'AILES_18-5

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Où suis-je?

Vous êtes en train de lire AU 9 RUE DES NOUV’AILES # 18 chez Do Delaunay.

meta