AU 9 RUE DES NOUV’AILES ≠1

15 septembre 2015 § 0 commentaire

Les Nouv’ailes se renouvellent…

Et repartent pour la construction d’un immeuble de 64 étages qui nous mènera au terme de 2021, avec toujours quelques mots et quatre images pour dire les petits bonheurs de la création, de la lecture, du temps qui passe et des humeurs qui le parfument. Zone franche et libre sans aucune obligation de quoi que ce soit.

En bonus, et en mémoire de Stéphane Hessel que la poésie a sauvé lorsqu’il était dans les camps nazis, une cinquième image, en noir et blanc, qui pourra accueillir un poème que vous m’aurez envoyé. Ceci est donc bien un appel à poèmes : au gré de votre envie, sans urgence ni pression, envoyez-moi un (court) poème que vous aimez et qui viendra glisser ses ailes de mots dans le bal de la Rue des Nouv’ailes. Pour ce premier numéro, j’ai choisi Ulysse de Joachim du Bellay sur une photo de ma série « Peupleraie la Bourgogne » variations saisonnières autour d’une plantation de peupliers réalisées dans l’Yonne en 1994. Pour tisser et faire rimer solitude avec multitude.

« Ne te courbe que pour aimer » (René Char, cité par Guillaume Gallienne dans son émission « Ça peut pas faire de mal » sur France Inter le samedi à 18H15.)

L’été fut travailleur et vadrouilleur. Après les aventures luxembourgeoises et solognotes (La Biennale de Sologne se tient jusqu’au 20 septembre, avec en ce moment, sur la place du joli village de Chaumont sur Tharonne cinq sculpteurs qui taillent en direct de belles billes de séquoia ou de cèdre – c’est à voir !) ce fut intense activité à l’atelier pour préparer l’exposition à Paris à la Galerie du Génie qui se tiendra « à la vitesse de la peinture » du 8 au 18 octobre prochain. Je vous en reparlerai en temps utile.

Mais ne vous dirai rien des affres courtelinesques de Pôle Emploi qui me promis en février une prolongation d’allocations de chômage de cinq années pour m’annoncer mi-août que cette mesure ne s’adressait qu’aux personnes au seuil de la retraite nées en 52-53. Et je suis né en 54…. Administration du vertige auquel j’ai décidé de ne pas céder. Enfin, d’essayer …

Il se sent sûr ou il se censure ?

Puis il y eut la belle visite de la Saline Royale d’Arc-et-Senans dans le Doubs, et la balade aux gorges de la Loue près d’Ornans (mais le musée Courbet était hélas fermé ce mardi-là) sur la route de Suisse et où j’ai encore raté mon troisième dan de Kyudo pour cause de trop grande fébrilité en situation d’examen.« Si tu veux tirer une flèche de vérité, trempe sa pointe dans du miel ». Il me reste encore des cordes à butiner !

Puis déconnection totale avec les amies randonneuses dans les Pyrénées centrales. Cirque de Gavarnie, Brèche de Roland… Que ces moments de paix et de camping, de chants et d’échanges, de rires et de silence me sont chaque année de plus en plus nécessaires. Pour faire rêver solitude avec altitude…

« Savoir ce que l’on fuit, oublier ce que l’on cherche » (Montaigne)

Et enfin la remontée vers septembre et le nord, les haltes amicales chez les amis d’Oloron (avec l’incroyable visite de la grotte de Laverna < www.laverna.fr > près du gouffre de la Pierre-Saint-Martin dont la salle principale peut contenir dix fois la cathédrale Notre Dame). Sans oublier ceux de Pau, du Gers, ou de Sologne où il m’a fallu redresser quatre des sept lettres de NATURES que le vent malin avait fait choir.

Quel est le propre de l’homme ? Le rire, a dit Bergson. La saleté, réplique Daech en pulvérisant Palmyre.

La nuit nuit-elle ?

Dans les films de l’été, La Isla Minima, Lena, Love, Floride, Sur la Ligne.
Dans ceux de la rentrée, avant d’aller voir Dheepan, j’ai aimé La Belle Saison de Catherine Corsini et surtout Le Tout Nouveau Testament de Jacob Van Dormael. Un joyeux et poétique délire belge où Dieu finit par aller fabriquer des lave-linge en Ouzbékistan. Fortement réjouissant et vivement conseillé !

Dieu est un crime parfait. Quand le crime est parfait, nul ne le sait et il n’existe pas !

Dans les lectures estivales, Confiteor du catalan Jaume Cabré, roman érudit, bouillonnant d’espace et de temps où l’auteur réussit le prodige de passer du « je » au « il » dans la même phrase. À la fois déroutant et envoûtant.
Et aussi Americanah, de Chimamanda Ngozi Adichie, américano-nigériane qui tisse et tresse des histoires d’immigration et de cheveux entre Nigéria, Angleterre et États-Unis. Un éclairage littéraire qui trouve troublant écho dans les migrations tragiques de l’actualité. On peut aussi à ce propos lire ou relire Eldorado de Laurent Gaudé. Et se demander pourquoi on dit « expat » quand des français partent à l’étranger et « migrants » quand des étrangers viennent en France…

Que l’arrivée de l’automne vous murmure dans le vent des feuilles dorées la Bienvenue sur les chemins qui migrent par la Rue des Nouv’ailes…

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