DES NOUV’AILES DU NEUF N°57

12 novembre 2014 § 0 commentaire § permalink

Je dédie ces quelques lignes de couleurs et de vie à Rémi Fraisse et à Vital Michalon, victimes à Sivens le 26 octobre 2014 et à Creys-Malville le 31 juillet 1977 de ce que l’on appelle les forces de l’ordre qui ne sont en rien gardiens de la paix.

NOUV’AILES_57_1 : LA PEINTURE SUR SON 31
(à lire avec les jointes images)
Au matin du jeudi 2 octobre deux sensations contradictoires : le bonheur enthousiaste de voir mon travail mis en valeur sur les murs blancs de la Galerie du Génie et la fatigue qui doute entre l’après-accrochage et l’avant-vernissage… Et puis une fois le punch servi, il est entré et a fait le tour des cimaises en disant « je prends celle- là, celle-là, …. et aussi celle-là… » réitérant cinq fois cette sentence qui n’en croyait pas mes yeux ni mes oreilles. Puis il y eut aussi d’autres ventes de gravures et de sculpture. Et pour couronner ces bonheurs tangibles et matériels, la belle reconnaissance des 350 personnes qui sont passées voir l’expo, dont celle très chaleureuse des habitants du quartier heureux de voir une galerie s‘épanouir dans cet ancien bar fermé depuis une bonne vingtaine d’années. Chaud au cœur !

NOUV’AILES_57_2 : LE CHAT DE LASCAUX DANS LA GROTTE DE SCHRÖDINGER. Erwin Schrödinger est un physicien quantique, moins connu mais aussi fameux qu’Einstein qui a imaginé l’expérience irréalisable d’un chat enfermé dans une boîte avec un dispositif aléatoire reliant une particule radioactive et une fiole de poison. Tant que l’on a pas ouvert la boîte, le chat est dans un état superposé, à la fois mort et vivant. De cette expérience, on peut en déduire qu’observer modifie ce que l’on observe. Et que cette vérité est valide que l’on soit aujourd’hui dans un labo de mécanique quantique qu’hier dans la grotte de Lascaux !

« La réalité est en fait la superposition de tous les possibles imaginaires » Attrapé sur les ondes cette citation du physicien professeur au Collège de France Alain Connes. Chat colle avec mon tableau !

NOUV’AILES_57_3 : L’ORIGINE DU DOUBLE
Réitéré dans cette exposition l’installation réalisée en septembre pour le passage de ma VAE à Aix en Provence, avec cette fois la toile « les Dix Mille Êtres » roulée telle un parchemin vertical. Dans la symbolique chinoise, les dix mille êtres représentent l’humanité. Faite de 10000 petits visages à l’allure de caractères chinois, on peut aussi voir dans cette toile de 1,60x 10m réalisée en 1998 une image d’Internet et de sa multitude infinie d’écrans que l’on ne peut jamais embrasser d’un seul regard. Au-dessus de cette Tour de Babel de peinture, tourne, à la poussée d’un doigt ou d’un courant d’air, un œuf d’autruche qui se mire dans un miroir biface, tous deux suspendus au fléau d’une balance. Comme le disait en 1991 le cinéaste indien Satyajit Ray dans son dernier film Agantuk (Le Visiteur), la vie s’est développée sur Terre pour la bonne raison que vus de notre planète, Le Soleil et la Lune ont la même taille apparente. De cette vision, j’ai imaginé qu’en lieu et place d’un « instant zéro » de big bang (mais alors qu’y avait-il avant ?) la vie est née du reflet d’un œuf originel dans un miroir mouvant et céleste entre blanc et jaune, jour et nuit (…) et aussi entre toi et moi…

Entendu dans la bouche d’Étienne Klein cette variation quantique sur les trois mots :Néant / Vide / Rien. Ajouter « je » devant cette triplette et vous obtenez la phrase « Je n’ai envie de rien » !

NOUV’AILES_57_4 : LA PEINTURE SUR SON 31 (suite)
Le succès de cette exposition est venu à point nommé juste après avoir décidé d’arrêter mes interventions dans les écoles de Rueil-Malmaison. Je continue celles du mercredi dans la MJC de Ballan-Miré, près de Tours mais profite intensément des retrouvailles avec une plus grande maîtrise de mon emploi du temps. Prendre celui de revisiter les étagères de l’atelier, le réorganiser et rebondir sur cet élan revivifié avec de nouvelles créations à venir….

« Ne pas devenir cynique ». C’est ce que déclare Wim Wenders à propos de Sébastiao Salgado dans son film Le Sel de la Terre. Celui-ci voulait arrêter la photo après ses reportages des années 90 au Rwanda. Puis il a entrepris Génésis, travail qui fut exposé à Paris à l’automne 2013 et qui éclaire somptueusement sa vision de la Beauté de la Terre. Et a planté avec la fondation créée avec sa femme deux millions et demi d’arbres sur sa terre brésilienne…

À voir également Gone Girl, Vie sauvage, Les Combattants, Litling ou la délicatesse, et surtout Mommy et Bande de Filles.

Régal de lecture en retrouvant Haruki Murakami et son Kafka sur le Rivage.

J’écris ces nouv’ailes en écoutant à la radio Jacques Bonnaffé citant quelques titres et aphorismes du poète belge Jean Pierre Verheggen (Poète ben qu’oui, poète ben qu’non / L’essentiel est de ne pas participer, comme disait Pierre de Courbature / Le Commandant Couche-Tôt se lève avec les poulpes / Un Jour je serai Prix Nobelge / Vache qui rit vendredi, dimanche corrida / J’ai trop d’ambition pour en avoir) et là, j’ai les doigts du clavier qui sourient. Mais l’émission de radio est terminée et maintenant j’écoute les doigts de mon ami Bertrand Ripoche qui dansent sur l’âme et les lames de sa collection de sanzas, que l’on appelle aussi piano à pouce. Vous pouvez l’entendre sur https://soundcloud.com/bertrand-ripoche .

Vu les expositions de Sonia Delaunay (« Un delaunay est bon à toute heure »!!!), Hokusai (une foule permanente de 25 personnes devant la houle de La Vague, préférez y la contemplation solitaire des nombreux livres qui sont consacrés à ses peintures et estampes) et celle de Frank Ghery et des nombreuses maquettes de ces réalisations architecturales, dont le fameux Guggenheim de Bilbao. Vu aussi à Beaubourg, celle de Marcel Duchamp « La peinture, même », grand artiste mais peintre peu inspiré dont on dit communément qu’il a tué la peinture.
En sortant de cette exposition, il ne me vint que cette royale réflexion : « La Peinture est morte, Vive la Peinture » !NOUV'AILES_57-1

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DES NOUV’AILES DU NEUF n°56

8 octobre 2014 § 0 commentaire § permalink

« Zenev, zenev, zenev ».

Ou si vous prenez la rue dans l’autre sens « Venez, venez, venez »…
Ce sont ces mots qui viennent à mes lèvres à quatre jours de la fin de mon exposition « La Peinture sur son 31 » qui se tient jusqu’au dimanche 12 octobre au 126 rue de Charonne à Paris. Le lieu est superbe, clair, ouvert sur ce carrefour passant du 11ème arrondissement. Quel bonheur de voir les tableaux mis en valeur sur de beaux murs blancs bien éclairés. J’y serai présent tous les jours de 14H30 à 19h30.
Le soir du vernissage, il n’y avait pas de vent, mais six ventes sont venues ensoleiller les cimaises de mon accrochage. Et le sourire de mes yeux… Sans oublier aussi les feedbacks réconfortants sur l’énergie, la lumière et la chaleur qui se dégagent de mon travail. Ce qui en retour, me procure joie profonde au cœur et envie renouvelée de poursuivre cette aventure qui rime avec peinture.
Moins réconfortant furent les commentaires du jury de la VAE (Validation des Acquis par l’Expérience) que j’ai passée le 19 septembre à l’École d’Art d’Aix-en-Provence. Malgré « un véritable engagement artistique, une bonne culture et connaissance de l’histoire de l’Art et un bon sens de la communication », le jury ne m’a accordé qu’un DNAP (Diplôme National d’Arts Plastiques, équivalent à Bac +3) en lieu et place du DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique, Bac +5) pour cause de « manque de radicalité dans mon projet et surcroît d’amicalité envers mes réalisations. Et aussi « trop de superficialité dans mes concepts et trop de papillonnage dans mon expression poétique… ». Ce qui me laissa sans voix, moi qui ai tant aimé l’exergue du catalogue de l’exposition Bonnard qui eut lieu en 1984 au Centre Pompidou qui disait « vouloir que sa peinture tienne et arrive devant les jeunes peintres de l’an 2000 avec les ailes d’un … papillon ». Passé la déception du moment, je fis de ce demi-échec un 2/3 de succès qui valide d’un diplôme mon parcours autodidacte et me confirme que je n’entre pas vraiment dans les cases de l’institution. Dans les onze heures automobiles qui me ramenèrent avec mes tableaux de la cité d’Aix, je repensais à cette phrase de Cocteau qui disait  » Ce que l’on te reproche, cultive-le : c’est toi ». Aux jugements critiques de ce jury cérébral, je préfèrerai toujours le sourire complice d’une pupille et les mots du cœur qui regarde avec les yeux…

« La véritable hygiène de vie, c’est de lire un poème tous les matins » (Gaston Bachelard).
En ces temps lugubres où les bruits de guerre font entendre leurs sinistres bottes, ne pas oublier que la France est le troisième ou quatrième marchand d’armes de la planète… Les statistiques sont pour le moins obscures en ce domaine…

Pendant que je surveillais La Racine Carrée de l’Arc-en-Ciel lors de la Biennale du Génie des Jardins afin de réduire les risques de vandalisme, une petit fille jouait « au cochon perdu » sur la rambarde de l’allée du square.

Entendu à la radio cette information surprenante et à méditer : les patrons californiens des grandes firmes de l’Internet interdiraient tablettes et autres accessoires numériques à leur charmante progéniture qu’ils envoient volontiers dans des écoles style Steiner ou Montessori…

À lire Une Odeur de Gingembre d’Oswald Wynd, livre culte traduit en 2006 chez Folio. Un roman épistolaire qui conte le journal d’une jeune écossaise partie au début du vingtième siècle épouser un diplomate anglais en Chine et se retrouve au Japon…. Et aussi La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert de Joël Dicker, gros succès de l’année 2012.

Dans les films du mois l’envoûtant Still The Water de la japonaise Naomi Kawase. Entre mort d’une maman chamane et premiers émois d’adolescents. Plus près de nous l’impeccable Hippocrate avec le nom moins impeccable Reda Kateb et le très classe Saint Laurent de Bertrand Bonello.

J’ai vendu aujourd’hui une sculpture qui se nomme « Nous Savons Que Nous Avons Trois Savons ». Trois brosses à dents bleue, blanche et rouge plantées dans trois savons de Marseille sur socle de copeaux de savon dressé sur quatre pinceaux pincés de jaune. Les trois savons, ce sont Liberté, Égalité, Fraternité. À voir en vrai jusqu’à dimanche à la Galerie du Génie ou en image dans les prochaines Nouv’ailes. Nous, savons, sauvons.

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DES NOUV’AILES DU NEUF N°55

8 octobre 2014 § 0 commentaire § permalink

Des corps d’été.

Le corps d’Huguette, la marmotte qui guette le U de l’Ubaye pendant que ses marmottons bayent aux corneilles des sommets. (Ils ne connaîtront jamais le musée Marmottan où il y avait au début de l’été, une belle exposition des impressionnistes en collection privée).

Le corps de cette dame « d’un certain âge », croisée sur les chemins des Cévennes en 1972 lors de ma première randonnée dans cette belle région que j’aime. J’ai souvent repensé à cette femme qui cheminait solitaire quand la randonnée n’était pas encore en vogue. Elle est morte aujourd’hui mais son empreinte demeure vive, elle qui m’a inoculé dans cette brève rencontre, la liberté de marcher. Car marcher met l’esprit hors les lois du marché. Car marchant, on se trouve hors d’atteinte des marchands. Diantre ! Qu’elles étaient bonnes heures ces deux semaines à marcher et camper sur les bords ensoleillées de l’Ubaye, juste après Barcelonnette,à deux pas de l’Italie.

Le corps du virus Ebola qui fera peut-être par sa virulence contre les corps humains, émerger la fraternité comme indispensable remède à tous les maux du monde qui s’en viennent.

Le corps des passagers des avions qui sillonnent le ciel des couloirs aériens de l’Ubaye. Quelques centaines de personnes dorment dans ce minuscule point de lumière qui déroule la nuit dans le ralenti de son clignotant. Les corps des bouquetins rencontrés cet après-midi rêvent-ils à l’Étoile du Berger ?

Le corps des conquistadores de tous poils qui n’en finissent pas de nous faire payer l’addition des délires colonisateurs… La statue de la Liberté était à l’origine conçue pour être implantée au bord du canal de Suez pour symboliser la lumière apportée au monde par l’Occident !
« Le patriotisme, c’est l’amour des siens, le nationalisme c’est la haine des autres » a dit Romain Gary.

Le corps de Patrick, grimpant allègrement en haut de l’échelle de six mètres pour finaliser l’accrochage d’Une Infinie Auréole sous la voûte de la Chapelle Sainte-Croix de Josselin. Et aussi celui de Daniel qui m’a aidé à enrober les treillis métalliques d’icelle avec les rouleaux de film plastique étirable. Un moment divin – le minimun pour un travail en chapelle ! – où tout s’est déroulé en 24heures avec une fluidité digne de l’anneau de Mœbius. Et sur la route du retour un somptueux concert de Youn Sun Nah au festival de jazz de Vienne. Que vous pourrez (ré)entendre dimanche soir prochain de 22 à 23h sur France Inter. À ne pas rater !

Le corps des maîtres japonais qui sont venus animer stages et Coupe du Monde de Kyudo qui m’ont occupé une grande partie du mois de juillet et l’ont fait rimer avec joyeux.
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Le corps de Sélène, jeune élève de danse indienne qui, à 11ans danse déjà avec du soleil sur la plante des pieds sous le regard de Maya, sa professeure.

Le corps de Chevrotine, héroïne du dernier Roman d’Éric Fotorino, ancien directeur du journal Le Monde et par ailleurs excellent romancier. C’est lui aussi qui a lancé au printemps dernier un très bon journal, hebdomadaire, Le UN, fait d’une seule feuille qui se déplie et qui traite d’une unique sujet à travers divers points de vue, chroniques ou nouvelles. Je vous assure que ça repose du flot médiatique qui se déverse en continu dans nos yeux et oreilles. Flot qu’il fut délicieux de fuir le temps de l’été entre Ukraine, Syrie et Gaza mais que le retour à la ville immanquablement reconnecte aux bruits assourdissants du monde. Et donne l’envie de crier « Merci pour ce moment… de silence ! » Les numéros de cet été nous ont emmené dans six villes de la Méditerranée (Istanbul, Athènes, Naples, Barcelone, Tanger et Le Caire). Dans le numéro de la semaine dernière (il paraît le mercredi et coûte 2,80€), un très bon dossier et puits de réflexion sur « La Gauche trahit-elle la Gauche ?  » avec notamment une évocation des affrontements Jaurès /Clemenceau il y a un siècle. De quoi prendre UN peu de distance…

Les corps de jeunes évangélistes psalmodiant cantiques et autres incantations dans la nuit de lune montante de la Cathédrale de Maguelonne, entre Sète et Montpellier. Ferveurs de transes ou illuminations nocturnes ? J’ai préféré le bain de nuit dans la soyeuse brise chaude des vagues salées…

Le corps d’André Markowicz, poète et traducteur de Dostoïevski, interrogé à la radio sur le conflit du Proche-Orient, scotchant la journaliste qui l’interviewe en lui racontant cette histoire drôle : « C’est l’histoire d’un juif qui rencontre un autre arabe… ». Que j’ai aimé le silence blanc qui a suivi cette phrase…

Le corps de Pinocchio allongeant son grand nez dessiné sur les pentes du Mercantour par la route du Col de la Bonette, vendue comme « la route la plus haute d’Europe, 2800m ». Cyclistes et camping cars garantis !

Le corps des enfants jouant dans la houle d’une mer de boules plastiques en visitant « Le voyage à Nantes » sur les rives de l’île Beaulieu.

Le corps d’une cigale venue s’échouer dans un évier des Alpilles. Je croyais morte, elle s’avéra encore en vie et s’envola quelques instants après que je l’ai mise sur une souche d’arbre. Mais l’été s’en allait quand même vers son terme.

Vous trouverez trace de ces décors d’été dans les photos jumelées de ces Nouv’ailes. Vous pouvez assaisonner avec le beau voyage de « Winter Sleep », palme d’or à Cannes et aussi « Métamorphoses » de Christophe Honoré, belle œuvre originale qui donne envie de se plonger aux sources d’Ovide.

Pour les décors d’automne, deux rendez vous :
Du 20 au 28 septembre, dans les allées du square Maurice Gardette, dans le 11ème arrondissement de Paris, j’aurai plaisir à vous accueillir sous « La racine carrée de l’arc en ciel ». Puis du 2 au 12 octobre, à la Galerie du Génie, rue de Charonne, dans le même arrondissement, pour « La peinture sur son 31 », première exposition personnelle à Paris depuis 17 ans qui est aussi une mémoire de ma première expo à Montréal, il y a 31 ans.
La nuit est pleine de lune. Et la lune pleine de lumière. On dirait un corps céleste…

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DES NOUV’AILES DU NEUF n°54

12 juin 2014 § 0 commentaire § permalink

Ouvrir les portes.

De l’inconnu, du possible, du changement, des mutations. « Le monde est en chamaille » comme dit la chanson, mais avons-nous d’autres choix que d’ouvrir les yeux, le cœur, la ville ? C’est un peu le thème qui fédère la semaine des HLM qui se déroule du 14 au 22 juin prochain dans toute la France. Dans la communauté de communes où je réside, Plaine Commune Habitat, les artistes qui résident ou ont leurs ateliers dans ce périmètre ont été invités à ouvrir leurs lieux et en corollaire à proposer un projet pour fédérer ces ouvertures. Comme pour ancrer dans la ville ce message humaniste, ou tout simplement humain. J’ai eu le bonheur de voir retenu mon projet consistant à peindre une ou plusieurs paires de portes qui seront installées à partir du vendredi 13 juin dans l’espace public, en l’occurrence dans le jardin Pierre de Montreuil au pied de la basilique de Saint Denis.
Pour mémoire, les portes de mon atelier du 6 rue de Lorraine à Saint Denis seront ouvertes le samedi 14 juin de 15 à 20H et le dimanche 15 juin de 12 à 20h. Vous pouvez même venir pique niquer le dimanche midi autour d’un barbecue.

Ce sera le début d’une activité artistique bien dense au seuil de l’été dont vous recevrez les invitations au fil du temps. Je participe à une exposition collective intitulée « Ici et Ailleurs » à Corbeil-Essonnes du 28 au 13 juillet, à « Art en balade » le dimanche 29 juin sur la Coulée Verte à Paris et à l’exposition « Utopia in progress » à la Cité Internationale des Arts pour fêter les 30 ans du Génie de la Bastille du 9 au 26 juillet. Sans oublier l’installation « Une Auréole Infinie » dans la Chapelle Sainte Croix de Josselin en Bretagne dont je vous ai parlé dans les précédentes nouv’ailes.

Quels étaient les acquis du naturaliste Linné ?
Vous en avez déjà soupé de la Coupe du Monde de football qui hystérise les nationalismes, va saturer l’espace médiatique planétaire et demande par la voix de Platini d’attendre un peu pour l’expression des mouvements sociaux
dans un Brésil en voie de déforestation ? Détendez-vous, il y a une autre coupe du Monde dans l’actualité et elle se déroule en juillet à Paris ! C’est celle du Kyudo, tir à l’arc traditionnel japonais qui se tient pour la première fois hors du Japon et dont j’ai eu l’honneur de réaliser l’affiche.

Quand le monde bout, est-ce le bout du monde ?

Savez-vous ce que les astronomes appellent la lune bleue ? C’est quand il y a deux pleines lunes dans le même mois, ou encore quand il en a treize dans une année. Cela n’a rien à voir avec la couleur, mais vient de l’expression anglaise « blue moon ». Ce qui j’en conviens n’explique pas davantage la nature de cette expression.

Je n’aime pas les piqûres sauf les piqûres d’Épicure.

C’était le matin du jeudi 15 mai. Je m’en allais faire mes courses dans le supermarché de mon quartier. Quand tous mes articles furent bipés, la caisse affichait au compteur la somme toute ronde de 50,00€. « C’est la première fois que ça m’arrive » me confia la caissière. Ce n’était pas vraiment comme si j’avais gagné au casino où je ne joue jamais, mais c’est certain, j’avais gagné là le précieux sourire d’un anodin mais vital moment de complicité, cette émotion qui ancre l’humanité dans l’espace d’entre les yeux.

Quand je pense à la Syrie d’aujourd’hui, je me demande comment pourrait-on écrire « Phoque You Poutine » en morse…
Paul Dirac fut un grand physicien du début du XXe siècle, moins connu mais à l’égal d’Einstein. Plutôt taciturne, il parlait peu, pensait que les mots devaient exprimer la vérité. Voyageant en Angleterre dans un train en compagnie d’un collègue, celui-ci osa lui dire en regardant des moutons paissant dans les paysages traversés : « les moutons viennent d’être tondus ». Dirac leva les yeux, observa la scène et répondit « oui, au moins de ce côté ».

Je suis un fidèle auditeur de France Inter, parce que je suis avant tout fervent partisan des services publics, et surtout parce que c’est sur ces ondes qu’il y a le moins de pubs, ce mensonge infantilisant qui ment monumentalement. Mais sur cette fréquence sévissent quand même les sinistres réclames de la Matmut avec les débilitants Chevalier et Laspallès. La pub atteint sans doute son but puisque j’en parle même dans ces lignes mais j’ai au moins le plaisir de lancer ici cette dérisoire bouteille à la mer sous forme de slogan :  » Boycottez la MATMUT » et enterrez-la dans les couches profondes de la bêtise congelée de la marchandisation des esprits. Na ! Et tant qu’à faire, virez aussi celles pour la Française des Jeux !

Pourquoi le jambon blanc est-il rose ?

Réécouter avec bonheur « Plume d’Ange » du grand Nougaro parti hélas depuis dix ans déjà. Comme Reggiani aussi. C’est dans l’album Récréations, volume 6.

Nous n’avons pas la même valeur, nous n’avons pas les mêmes valeurs. Comme ce pluriel est singulier !
Dans les films du mois, la jolie fable Le Promeneur d’Oiseau de Philippe Muyl, Le Sourire du Vieux qui ne voulait pas fêter son Anniversaire de Felix Herngren, l’intense Amalric dans son film La Chambre Bleue mais surtout l’envol somptueux de Bird People de Pascale Ferran qui nous avait déjà enchanté il y a quelques année avec Lady Chatterley. Vous ne verrez plus jamais un aéroport de la même façon, et regarderez les moineaux d’un autre œil, d’un autre ciel. En écoutant la réalisatrice parler de son film j’ai appris que c’est ainsi que l’on nomme dans l’univers anglo-saxon les accros du business mondialisé qui ne vivent (si l’on peut dire) qu’entre deux avions.

Un moine zen et un moinillon cheminent pour rejoindre leur monastère dont une règle précise qu’ils ne doivent jamais toucher une femme. Arrivés à une rivière dont le pont s’est effondré, ils voient là une jeune fille qui se désespère de ne pouvoir traverser. Le vieux moine la prend dans ses bras et la porte sur l’autre rive puis poursuit son chemin. Le jeune moine est estomaqué et au bout de longues minutes ne peut s’empêcher de faire remarquer à son maître qu’il a enfreint la règle. Alors le moine lui répond avec un regard malicieux: « tu la portes encore ?  »

Portez-vous bien ouvert dans les rivières de l’été. Rendez vous aux 9 d’automnes.

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DES NOUV’AILES DU NEUF n° 53

19 mai 2014 § 0 commentaire § permalink

9 mai 2014

Across the Rainbow, une Infinie Auréole.

Ce sera mon programme pour le début de l’été. Une installation d’une journée sur la coulée verte dans le 12ème arrondissement de Paris le dimanche 29 juin, puis une autre en Bretagne, sous les poutres de la chapelle Ste Croix à Josselin au cours du mois de juillet (voir croquis joints).
Il y aura aussi deux participations à des expositions collectives : l’une dans la Commanderie de Corbeil-Essonnes, l’autre à la Cité Internationale des Arts à Paris dans le cadre d’Utopia in Visu pour fêter les 30 ans du Génie de la Bastille, association d’artistes œuvrant dans le 11ème arrondissement dont je fais partie depuis une année. Et aussi dans le cadre de la semaine nationale des HLM, les portes ouvertes de mon atelier le week-end des 14 et 15 juin.
L’été s’annonce festif, mais l’automne aussi puisqu’en plus du passage du DNSEP dans le cadre de ma validation des acquis le vendredi 19 septembre à l’École d’Arts d’Aix-en-Provence, je participerai à la Biennale du Génie des Jardins dans le square Maurice Gardette à Paris. Dans la foulée je présenterai une exposition personnelle du 2 au 12 octobre dans la Galerie du Génie qui viendra de s’ouvrir au 126 de la rue de Charonne. Des rendez-vous que je ne manquerai pas de vous rappeler au temps venu.

Entendu que la température pourrait s’élever d’une moyenne de 4°8 d’ici 2100. Ça fait froid dans le dos, non ?

« Elle a fait son devoir, c’est-à-dire que oncques
Elle n’eut de souhait, impossible, elle n’eut
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
L’emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu »

Les Oiseaux de passage, poème de Jean Richepin, mis en musique par Georges Brassens.

Comme nous le conseillait feu Stéphane Hessel, apprendre de la poésie peut sauver la vie et accessoirement fortifier la mémoire. Alors, en plus d’avoir grâce au troc de mon ami Emmanuel, doucement repris le saxo, je continue d’apprendre des chansons pour chanter sur les chemins de la vie et des randonnées. Et j’adore l’utilisation de « oncque », ce mot du français classique que Richepin a richement fait rimer avec « jonque ». Et qui signifie « jamais ». N’oubliez donc pas qu’il ne faut onque dire onc. Puisque ces trois orthographes sont possibles.

Un sujet peut-il être l’objet de tous les regards ?

À la veille des élections européennes, d’aucuns se dressent contre le traité de libre échange entre l’Europe et les États-Unis dit TAFTA. D’autres évoquent l’ouverture de nouveaux marchés… Mais peut-on réellement négocier avec un partenaire qui s’est permis d’écouter quasiment tous les téléphones de la planète. Qui ne rêve que de coloniser et disneyiser nos rétines et nos imaginaires à travers séries et autres blockbusters toujours plus violents dont la bande annonce suffit à donner envie de vomir? Ou de hurler contre cet impérialisme pédophile qui sacrifie l’avenir de nos enfants !

« Œuégalaimecédeux » ! Vous êtes d’accord ?

Je demeure un inconditionnel de Henning Mankell et son roman Un Paradis Trompeur ne m’a pas démenti. Ou comment une jeune Suédoise du début du siècle dernier en partance pour l’Australie devient tenancière de bordel au Mozambique. Régalant !
À la suite de Quai des Enfers, Angle Mort d’Ingrid Astier est un polar acéré, efficace et fluvial qui se passe dans le quartier d’Aubervilliers, à deux pâtés de maisons de mon atelier. À ne pas lire en rentrant trop tard at home… Mais une fois à la maison, difficile de décrocher !
Étonnant roman que « La Théorie de l’Information » d’Aurélien Bellanger. C’est un roman, et aussi l’histoire d’Internet et de la révolution informatique depuis les temps presque préhistoriques du Minitel… Édifiant…

Les données informatiques à caractère religieux seront-elles stockées à Saint-Cloud ?

Il ne sera sans doute plus en salle lorsque vous lirez ces lignes mais notez dans un coin de votre écran « Les Leçons d’Harmonie » du jeune kazakh Emir Baigazin, tout juste 30ans ! Une vraie merveille de cinéma.
Dans les films de mon moi, il y a eu aussi ce mois-ci, Real, Tom à la ferme, Dans la cour et Pas son genre, avec l’irradiante Émilie Dequenne que nous découvrions il y a quinze ans dans Rosetta. À voir aussi My Sweet Pepper Land de Hiner Saleem, avec la belle Golshifteh Farahani, déjà vue dans Syngué Sabour, Pierre de patience d’Atiq Rahimi. Elle y joue du hang, instrument de musique acoustique inventé en 2000, fait de deux coupelles métalliques embouties. Elle chante aussi dans Hang with You, disque de Steve Shehan percussionniste du Hadouk Trio, que j’écoute en écrivant ces quelques lignes. J’écoute aussi « Nos joies répétitives » dans l’album Punkt du Québécois Pierre Lapointe et l’intégralité en boucle d’Aventine de la Danoise Agnès Obel.

Que peut signifier l’insignifiant ?

Dans le genre documentaire, les Trois Sœurs du Yunnan, de Wang Bing qui montre au fil de trois années la vie de trois enfants dans un village à 3200m d’altitude. Quelque chose de l’envers de la Chine, ou de son enfer ! Et plus près de nous « Les Chèvres de ma Mère », sur la transmission à une jeune agricultrice d’un élevage de chèvres par Maguie Audier qui s’installa il y a quarante dans les gorges du Verdon. Filmé et dialogué par sa fille Sophie.

« Par acquis de confiance », m’a dit l’infirmière pendant qu’elle me prélevait 400ml de sang.

Combien de fois vous êtes vous senti coupable aujourd’hui ? C’est de toute façon de trop puisque nous sommes en Mai.

Qui accueille s’enrichit Qui exclut s’appauvrit
Qui élève s’élève Qui abaisse s’abaisse
Qui oublie se délie Qui se souvient advient
Qui vit de mort périt Qui vit de vie sur-vit
François Cheng, LE LIVRE DU VIDE MÉDIAN
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DES NOUV’AILES DU NEUF n°53

13 mai 2014 § 0 commentaire § permalink

9 mai 2014

Across the Rainbow, une Infinie Auréole.

Ce sera mon programme pour le début de l’été. Une installation d’une journée sur la coulée verte dans le 12ème arrondissement de Paris le dimanche 29 juin, puis une autre en Bretagne, sous les poutres de la chapelle Ste Croix à Josselin au cours du mois de juillet (voir croquis joints).
Il y aura aussi deux participations à des expositions collectives : l’une dans la Commanderie de Corbeil-Essonnes, l’autre à la Cité Internationale des Arts à Paris dans le cadre d’Utopia in Visu pour fêter les 30 ans du Génie de la Bastille, association d’artistes œuvrant dans le 11ème arrondissement dont je fais partie depuis une année. Et aussi dans le cadre de la semaine nationale des HLM, les portes ouvertes de mon atelier le week-end des 14 et 15 juin.
L’été s’annonce festif, mais l’automne aussi puisqu’en plus du passage du DNSEP dans le cadre de ma validation des acquis le vendredi 19 septembre à l’École d’Arts d’Aix-en-Provence, je participerai à la Biennale du Génie des Jardins dans le square Maurice Gardette à Paris. Dans la foulée je présenterai une exposition personnelle du 2 au 12 octobre dans la Galerie du Génie qui viendra de s’ouvrir au 126 de la rue de Charonne. Des rendez-vous que je ne manquerai pas de vous rappeler au temps venu.

Entendu que la température pourrait s’élever d’une moyenne de 4°8 d’ici 2100. Ça fait froid dans le dos, non ?

« Elle a fait son devoir, c’est-à-dire que oncques
Elle n’eut de souhait, impossible, elle n’eut
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
L’emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu »
Les Oiseaux de passage, poème de Jean Richepin, mis en musique par Georges Brassens.

Comme nous le conseillait feu Stéphane Hessel, apprendre de la poésie peut sauver la vie et accessoirement fortifier la mémoire. Alors, en plus d’avoir grâce au troc de mon ami Emmanuel, doucement repris le saxo, je continue d’apprendre des chansons pour chanter sur les chemins de la vie et des randonnées. Et j’adore l’utilisation de « oncque », ce mot du français classique que Richepin a richement fait rimer avec « jonque ». Et qui signifie « jamais ». N’oubliez donc pas qu’il ne faut onque dire onc. Puisque ces trois orthographes sont possibles.

Un sujet peut-il être l’objet de tous les regards ?

À la veille des élections européennes, d’aucuns se dressent contre le traité de libre échange entre l’Europe et les États-Unis dit TAFTA. D’autres évoquent l’ouverture de nouveaux marchés… Mais peut-on réellement négocier avec un partenaire qui s’est permis d’écouter quasiment tous les téléphones de la planète. Qui ne rêve que de coloniser et disneyiser nos rétines et nos imaginaires à travers séries et autres blockbusters toujours plus violents dont la bande annonce suffit à donner envie de vomir? Ou de hurler contre cet impérialisme pédophile qui sacrifie l’avenir de nos enfants !

« Œuégalaimecédeux » ! Vous êtes d’accord ?

Je demeure un inconditionnel de Henning Mankell et son roman Un Paradis Trompeur ne m’a pas démenti. Ou comment une jeune Suédoise du début du siècle dernier en partance pour l’Australie devient tenancière de bordel au Mozambique. Régalant !
À la suite de Quai des Enfers, Angle Mort d’Ingrid Astier est un polar acéré, efficace et fluvial qui se passe dans le quartier d’Aubervilliers, à deux pâtés de maisons de mon atelier. À ne pas lire en rentrant trop tard at home… Mais une fois à la maison, difficile de décrocher !
Étonnant roman que « La Théorie de l’Information » d’Aurélien Bellanger. C’est un roman, et aussi l’histoire d’Internet et de la révolution informatique depuis les temps presque préhistoriques du Minitel… Édifiant…

Les données informatiques à caractère religieux seront-elles stockées à Saint-Cloud ?

Il ne sera sans doute plus en salle lorsque vous lirez ces lignes mais notez dans un coin de votre écran « Les Leçons d’Harmonie » du jeune kazakh Emir Baigazin, tout juste 30ans ! Une vraie merveille de cinéma.
Dans les films de mon moi, il y a eu aussi ce mois-ci, Real, Tom à la ferme, Dans la cour et Pas son genre, avec l’irradiante Émilie Dequenne que nous découvrions il y a quinze ans dans Rosetta. À voir aussi My Sweet Pepper Land de Hiner Saleem, avec la belle Golshifteh Farahani, déjà vue dans Syngué Sabour, Pierre de patience d’Atiq Rahimi. Elle y joue du hang, instrument de musique acoustique inventé en 2000, fait de deux coupelles métalliques embouties. Elle chante aussi dans Hang with You, disque de Steve Shehan percussionniste du Hadouk Trio, que j’écoute en écrivant ces quelques lignes. J’écoute aussi « Nos joies répétitives » dans l’album Punkt du Québécois Pierre Lapointe et l’intégralité en boucle d’Aventine de la Danoise Agnès Obel.

Que peut signifier l’insignifiant ?

Dans le genre documentaire, les Trois Sœurs du Yunnan, de Wang Bing qui montre au fil de trois années la vie de trois enfants dans un village à 3200m d’altitude. Quelque chose de l’envers de la Chine, ou de son enfer ! Et plus près de nous « Les Chèvres de ma Mère », sur la transmission à une jeune agricultrice d’un élevage de chèvres par Maguie Audier qui s’installa il y a quarante dans les gorges du Verdon. Filmé et dialogué par sa fille Sophie.

« Par acquis de confiance », m’a dit l’infirmière pendant qu’elle me prélevait 400ml de sang.

Combien de fois vous êtes vous senti coupable aujourd’hui ? C’est de toute façon de trop puisque nous sommes en Mai.

Qui accueille s’enrichit Qui exclut s’appauvrit
Qui élève s’élève Qui abaisse s’abaisse
Qui oublie se délie Qui se souvient advient
Qui vit de mort périt Qui vit de vie sur-vit

François Cheng, LE LIVRE DU VIDE MÉDIAN

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DES NOUV’AILES DU NEUF n°52

9 avril 2014 § 0 commentaire § permalink

9 avril 2014
Vendredi 14 mars : après une journée à construire des totems à base de papiers Canson et de tubes de Sopalin, je fais halte aux Galeries du Grand Palais pour voir l’exposition Bill Violla. Moi qui continue à ne pas avoir la télé et qui n’est en général pas trop fan des vidéos en exposition, je suis resté scotché aux écrans pendant trois heures, sans tout voir et avec l’envie immédiate d’y revenir. Je l’avais découvert en 2007 lors de la Biennale de Venise et je suis subjugué par son travail vidéo sur le temps qui est comme chacun sait le seul matériau de la peinture… Dans cette soirée sous le signe de la lenteur, je filerai ensuite voir « Chiens errants » du taiwanais Tsai Ming Liang. Une errance aux longs plans-séquences qui impriment durablement la rétine…

Samedi 15 mars : La gorge pique de pollution, la lumière sur Paris est jaune brouillard. Seul avantage, on goûte pendant quelques heures le plaisir de prendre à bras le corps la gratuité des transports en commun sans avoir à valider… Ça semble un détail mais change vraiment la perception du réel et de son contrôle. Ça a un petit goût de L’An 01 (« On fait un pas de côté et on réfléchit ») et donne soudain l’envie d’un vrai moment de radicalité : supprimer TF1, interdire la F1 et même éradiquer la publicité pour la F1 et TF1… Rajoutez à la liste le choix de votre radicale envie.
Je n’ai pas encore lu La Liste de Mes Envies, qui a fait connaître l’écrivain Grégoire Delacourt, mais ai adoré son deuxième roman, La Première Chose qu’on Regarde, qui rencontre la belle Johansson qui n’est pas tout à fait Scarlett.
Je file voir « Son épouse » de Michel Spinosa, belle dérive d’Inde et de folie avec Charlotte Gainsbourg et Yvan Attal.

Mercredi 19 mars : à la descente du train qui me ramène des boîtes à rêves de Touraine, je file voir La Cour de Babel de Julie Bertucelli. T’es belle, Babel !

Vendredi 21 mars : Deuxième jour du printemps. J’en profite pour voir défiler le XXème siècle dans l’œil de Cartier-Bresson au long de la rétrospective qui lui est consacrée au Centre Georges Pompidou. Je me régale de ses instants décisifs, de ses mots engagés et de ses dessins, lui qui disait qu’on pouvait changer sa perception du monde par un léger fléchissement des genoux.

Quels sont les effets des fées sur les faits ?

Lundi 24 mars : « La minéralisation osseuse est globalement homogène en dehors d’un petit élément micro-géodique sous chondral en regard de la convexité du condyle fémoral interne comportant une condensation périphérique régulière…. La rotule est normalement centrée sur les incidences axiales sans signe de sub-luxation comportant une ébauche de condensation ostéophytique de l’aileron rotulien externe… » Ce n’est pas de la poésie d’avant garde (quoique…) mais le diagnostic d’une radio de mon genou gauche qui clignote de douleur par caprice épisodique. J’ai conté à mon médecin allopathe comment j’avais l’été dernier fait disparaître un hygroma (inflammation du coude) par applications alternées de cataplasmes d’argile et de feuilles de choux, ce qui l’a évidemment fait sourire non sans une bienveillante tolérance. Devant l’absence de remède à ce qui n’est pour l’instant qu’un léger bobo aléatoire, je vais quand même me tartiner de quelques couches d’argile qui au moins me soigneront les genoux de la tête et peut être aussi les trop rares je/nous de la fête !

Est-ce là l’âme du couteau ?

« Il faut choisir, se reposer ou être libre » a dit Thucydide, né vers 460 avant JC et mort, peut-être assassiné, en 397 av JC, cité par Cornélius Castoriadis – dans l’émission de Mermet du Mardi 25 mars.

Dimanche 30 mars : Les électeurs ont-ils vraiment choisis ? Ou sont-ils restés libres de se reposer (les bonnes questions) ? Il appert que nous avons de nouveau atteint un pic de PEN (Pollution Électorale Nationale) !

« Halte à la baisse du pouvoir du chat ! « 

Mardi 1 avril : Journée d’information à l’École Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence pour préparer mon diplôme de VAE (Validation des Acquis par l’Expérience) qui se déroulera en septembre prochain. Une rencontre intéressante avec deux enseignants de l’école qui m’incite à porter regard sur 30 ans de peinture et le mettre en perspective pour en faire une présentation de 45 minutes devant un jury… À suivre…

L’anagramme de créativité, c’est réactivité.

Vendredi 4 avril : La toux m’épuise. Je vais quand même voir « Her » de Spike Jonze. Et regarde en sortant avec un soupçon d’effroi dans les yeux tous ces gens métropolitains les iris rivés à leur écran. Rivés, j’ai bien dit rivets. Vite, revoir Les Temps Modernes ! Ou la légèreté un peu surannée d’Aimer, Boire et Chanter du jeune Alain Resnais qui vient de nous quitter du haut de ses 91 printemps.

Il est tant de solitude en cet or
La lune des nuits ce n’est pas la lune
Que vit le premier Adam. Les longs siècles
De la veille humaine l’ont rassasiée
De vieux pleurs. Regarde. C’est ton miroir.
(La lune. Jorge Luis Borges.)

Au vent en emporte le temps !

Bon fil d’avril…

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DES NOUV’AILES DU NEUF n°51

24 mars 2014 § 0 commentaire § permalink

9 mars 2014
Osé.
C’est un pari qui n’a pas été gagné. Les deux tableaux passant en vente aux enchères à l’hôtel Drouot n’ont pas atteint leur prix de réserve et donc pas trouvé acquéreur. Ils demeurent –maigre espoir- en vente pendant un mois sur le site www.lotprive.com … S’ils ne sont pas vendus, me resteront à débourser les 400€ de frais de dossier et de catalogue… C’est sans doute ce que l’on peut nommer la vente osant chère…

« Manet, c’est un peintre. Il a peint le collège, c’est pour ça qu’il porte son nom ».

Veillance : pourrait se dire d’un état d’attention suspendu, à mi-chemin entre distance et transparence.
Ensuite il y aurait la bienveillance ou la malveillance… À vous de choisir…

« C’est vrai, m’sieur qu’on est une classe érogène ? »

Connaissez vous la sérendipité ? Le correcteur d’orthographe de votre ordinateur le soulignera sans doute de petites vaguelettes rouges pour signaler son absence du dictionnaire… Pourtant ce mot existe bien, il est même apparu au 17ème siècle dans une lettre du sieur Horace Walpole en date du 28 janvier 1754. Il définit le phénomène de trouver quelque chose sans réellement le chercher. Comme Marie Curie qui découvrit la radioactivité en oubliant des plaques sensibles à proximité d’un morceau de radium. La pénicilline, le post it ou le velcro sont aussi des produits issus de cet anglicisme que les québécois traduisent par « fortuité ». À l’heure des surfs électroniques et des liens hypertextes, ce concept a un bel avenir à trouver devant lui. Et vous, avez vous trouvé ce que vous ne cherchiez pas ?

« Madame, je peux venir en cours avec vous ? J’ai deux heures de sperm ».
Si vous passez par Tours avant le 1er juin, faites un détour par le Château pour voir la belle exposition de photos consacrée à Vivian Maier (1926-2009), nounou photographe qui a capté l’Amérique du XXème siècle sans jamais se revendiquer photographe et a légué dans le dénuement de sa mort un héritage de 120000 négatifs.

On vous a peut-être déjà dit de ne pas dire « au jour d’aujourd’hui » pour cause de pléonasme. Alors répondez que « aujourd’hui » en est déjà un puisque « hui », qui vient du latin hodie signifie déjà « en ce jour » dont on trouve trace dans l’espagnol « hoy ».

« Il m’énerve celui-là, avec ses grands airs de ne pas aimer le passé simple ».

Connaissez vous le crowdfunding, ce mode de financement participatif qui fait appel à un grand nombre de gens pour collecter des fonds ? Un ami photographe voudrait éditer un beau livre sur les Faux de Verzy, des hêtres tortillards uniques au monde. Aujourd’hui, il ne reste que 16 jours pour boucler la collecte… Alors n’hésitez pas à soutenir ce beau projet. Pour voir des photos du livre consultez: www.fauxdeverzy.fr.
Et pour tout savoir sur le crowdfunding : www.kisskissbankbank.com/les-faux-de-verzy

Dans les films du mois, voir absolument « Ida » du polonais Pawlikowski . La finesse et le sensible du  » Sens de l’humour » de et avec Maryline Canto, je ne suis en rien objectif, je suis inconditionnel de cette actrice qui passe derrière la caméra pour la première fois. J’avais adoré « Moonrise kingdom » de Wes Anderson, mais suis resté un peu sur ma faim et me suis perdu en route dans le trop virtuose  » The Grand Budapest Hotel ». Vous pouvez aussi vous laisser tenter par « Arrête ou je continue », de Sophie Fillières avec les impeccables Emmanuelle Devos et Mathieu Amalric.

« Alors cette année, on va étudier le Médecin malgré lui » –Malgré nous »
Ces interlignes en gras sont tirés de « Mes élèves sont formidables », recueil de perles d’enfants de Dominique Resch aux Éditions Autrement.

En cette année de centenaire de la grande boucherie, lisez « 14 » de Jean Echenoz, petit roman mais dense moment de lecture paru aux Éditions de Minuit. Lu aussi une belle nouvelle de Murakami, « Sommeil » et une troublante et poétique évocation japonaise de la guerre par Hubert Mingarelli, « L’homme qui avait soif ».
Picoré au seuil de l’endormissement quelques notes sauvegardées (1952-2005) que Philippe Jacottet a publié sous le titre « Taches de soleil, ou d’ombres » aux Éditions Le Bruit du Temps.
Le 21 janvier 1991 il écrit « Guerre, immonde à tous égards. Guerre, qui nous fait tomber la plume des mains ».
Le 24 janvier 1994, « Il y a eu ce matin dans l’air de rares et infimes flocons, comme des moucherons de neige ».
Le 26 décembre 1960, « Le monde toujours plus profond que le regard ».

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DES NOUV’AILES DU NEUF n°50

14 février 2014 § 1 commentaire § permalink

Soi. Sente.

C’était dimanche de Chandeleur, ce fut un moment doux et suave sur le sentier de mes ans. Entre crêpes et bougies, gravures et photos, peintures et papiers, trente-cinq personnes sont venues trinquer d’amitié, partager un regard, un verre de cidre et même acquérir quelques œuvres. De quoi dire à Saturne de ne pas mettre trop de grains de sel dans mes cheveux. Et faire hennir de plaisir le début de l’année chinoise du Cheval de Bois et celui de mon copain Zacharie, petit chevalier de quatre ans à la fière épée… aussi de bois.
J’aime ouvrir l’atelier, ce lieu de liberté où je peux faire ce que je veux, comme je veux quand je veux. Cet intime chaudron où mitonnent les mues de mes mains, les ports de mes yeux et qui sans cesse cherche ce qui ne se trouve pas pour trouver ce qu’on ne peut chercher. Certes, ainsi ordonné, prêt à l’accueil, il n’a pas le même visage que dans le joyeux désordre du quotidien solitaire et créateur, mais ouvrir sa porte, c’est aussi partager un peu de cette liberté intérieure… Et renvoyer aux abîmes tous les assassins de la curiosité dont notre époque abonde.
Une semaine après, j’ai décroché quelques aquarelles, réinstallé sur les cimaises les tableaux en cours et l’apparent désordre va doucement reprendre le fil de ses méandres. Prochain rendez vous au pays des portes ouvertes au mois de juin !

ATTENTION : LA VENTE DE DEUX DE MES TABLEAUX ANNONCÉE DANS LES PRÉCÉDENTES NOUV’AILES POUR LE 13 FÉVRIER A ÉTÉ REPORTÉE AU JEUDI 20 FÉVRIER à 14H. C’est au 3 rue Rossini, 75009 Paris (9ème) face à l’Hôtel Drouot, sous l’égide de Maître Bertrand Fraisse, commissaire-priseur à Tours. L’exposition de la vente aura lieu le mercredi 19 février 2014 de 9h30 à 19h. On peut suivre la vente en direct en s’inscrivant sur Drouot Live http://www.drouotlive.com/

Il n’y aura pas d’expo chez Philomuses, pas de Roue du Temps à Baie Saint Paul ni de « d du hasar » sur les étangs de Brocéliande. Pas plus que de « L’Igne de Feu » à Hautecour en Savoie ni d’ »Envol des Remparts »» à Ypres ni de « Fourchettes et Coquillères » à Pontault-Combault. Les réponses négatives à divers projets sont tombées en rafale en cette fin janvier, comme une pluie de marteaux sur une tête d’épingle, me faisant réclamer quelques jours de répit avant de repartir en campagne pour de nouveaux horizons de projets.
Le premier qui s’est présenté fut l’acceptation de mon dossier de VAE (Validation des Acquis par l’Expérience) par l’École des Beaux Arts d’Aix-en-Provence, en vue d’obtenir un DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique). Passer un diplôme à l’entrée des sixties, voilà qui fera écho à l’activateur de jeunesse qu’a offert ma chère nièce à son joyeux tonton.

Quand je pense que l’on est en 2014 et qu’il y a encore des écoles en France qui n’ont pas de salle d’arts plastiques, ça me révolte. Depuis décembre, celle de l’École Charles Péguy de Rueil sent bon le savon. Inspirés par les sculptures inuit, les enfants ont découvert la taille directe dans les blocs de savon de Marseille qu’ils avaient apportés. Penser avec les doigts dans les trois dimensions n’est point chose aisée pour de si petites mains mais quel régal dans leur yeux enthousiastes !

Si les poissons avaient des ailes, ils deviendraient polissons.

Pour échanger un cadeau de pull un peu juste, je suis passé aux Galeries Lafayette que je n’avais pas traversées depuis bien longtemps. J’y ai croisé l’insolence, voir l’indécence de ce luxe que l’on dit à la française dans les boutiques de marque où ne circulent qu’une majorité de touristes étrangers. Quoi de neuf depuis le veau d’or et les marchands du temple ?

« La photographie est une manifestation de la distance de l’observateur qui enregistre et qui n’oublie pas qu’il enregistre ». Pierre Bourdieu cité par Depardon dans la belle expo qui vient de lui être consacré au Grand Palais à Paris.

Découvert l’univers de Dominique Barberis à travers son récent roman « Une vie en marge ». Une belle langue où la narration se tisse sous des angles si variés que l’on est entraîné avec force et plaisir dans ce labyrinthe de mots. J’ai emprunté à ma médiathèque préférée « Correspondances des routes croisées » de Nicolas Bouvier et Thierry Vernet aux Éditions Zoé, dont le récit de leur voyage de Yougoslavie en Inde en 1954 a donné ce livre fameux qu’est « L’usage du Monde ». Ces correspondances sont en quelque sorte l’envers de ce chef d’œuvre, puisqu’elles rassemblent les lettres que ces deux artistes se sont envoyées pendant de nombreuses années. Je n’ai bien sûr pas tout lu, mais en ai picoré de savoureux extraits au seuil de l’oreiller et c’était comme les coulisses du voyage.

« Au clair de lune, rencontrer l’Autre ».

Au ciné, moi qui aime beaucoup le jeu de Karin Viard, ai été gaté avec « Lulu, femme nue » de Solveig Anspach et « L’amour est un crime parfait » des frères Larrieu. À voir aussi le très émouvant et juste « Philoména » de Stephen Frears, et aussi « Twelve Years A Slave » de Steve McQueen ainsi que « Le Vent se lève », dernier et somptueux opus du japonais Miyazaki.

Et pour clore ce numéro 50 qui commence la traversée des 60, je vous livre cette sentence reçue comme une petite lumière de bougie et de sagesse :
« À cet âge, sois sans temps et réjouis-toi du temps qui passe. »

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DES NOUV’AILES DU NEUF n°49

12 janvier 2014 § 0 commentaire § permalink

Deux dates, un marteau et des crêpes.

C’est le menu du début, la mise en bouche de l’année 2014, qui rime avec zucre d’orze quand on en a un sur le bout de la langue.
La première, c’est le dimanche 2 février, jour de la Chandeleur, où je ferai rimer « Portes ouvertes à l’atelier » avec « Travaux sur papier ». Je vous enverrai d’ici là une invitation plus précise.
La seconde, c’est le jeudi 13 février où deux de mes tableaux « Le Destin des Destinations » et « Le Partage des Eaux » passeront en vente aux enchères à l’Hôtel Drouot sous le marteau de Maître Bertrand Fraisse. Ces deux tableaux ont été sélectionnés par un expert, Dominique Stal à qui j’avais envoyé cinq photos sur les conseils d’une amie (Merci Ariane). Enjeu : gagner quelques euros si les enchères dépassent le prix de réserve et à la clé une première cote « officielle » dans le grand marché de l’Art…À mi-chemin entre pari et folie, il faut oser puisqu’il paraît que c’est le temps des vœux (même sans étoiles filantes)… À suivre dans ce rendez-vous mensuel du Neuf dont je vous remercie à cœur ouvert de suivre le fil qui tisse la complicité des toiles et du temps qui passe….

Mardi 10 décembre, je lis quelques retours des Nouv’ailes 48 que j’ai envoyées la veille, j’écoute la radio, l’adieu à Mandela et j’ai des frissons.

« On ne peut pas reproduire le temps »

Citez-moi le nom d’un banquier du XXème siècle… Difficile, n’est-il pas ? Quels sont les noms qui surnagent dans l’écume des temps ? Quelques grands hommes comme Madiba, quelques artistes… Quelles sont les choses les plus chères au monde aujourd’hui ? Des tableaux… Preuve que la première des valeurs universelles c’est bien l’Amour. De l’Art. À moins que ce soit l’Art de l’Amour, ce qui est sans doute la même chose. En aucun cas ce n’est l’argent…

« Hâtez vous d’aimer » a dit Charles Juliet en parlant de son livre « Lambeaux », que je croyais être « L’Ambo », comme le nom mystérieux d’un rituel lointain. Cet homme a une parole qui éveille comme le disait si justement son premier livre L’Année de l’Eveil.

Hypothèse sans doute invérifiable : les premières peintures pariétales auraient été peintes par des femmes. Chez les Ndebele, tribu d’Afrique du Sud que je fais découvrir à mes élèves de primaire, les hommes construisent les maisons mais ce sont les femmes qui les décorent. De ces peintures géométriques et colorées que l’on découvrit lors de ce tournant du regard contemporain que fut en 1989, l’exposition « Les Magiciens de la Terre » au Centre Pompidou et à la Grande halle de la Villette.

« Un tableau n’est pas une image ».

Quand on dit d’un humain que c’est un original, c’est souvent un compliment. Quand on dit d’une œuvre d’art que c’est un original, c’est une preuve d’unicité. La naissance de l’humanité est indissociable de la naissance de l’art (et réciproquement).
Que nous réserve le monde des imprimantes 3D dont on sent poindre les balbutiements de leur imminente arrivée dans nos univers quotidiens ? Il semblerait qu’aucun auteur de science-fiction n’ait imaginé le téléphone portable, cette petite boîte électronique capable de nous relier à presque tous les coins de la planète ! Peut-on imaginer un monde où tout serait reproductible ? Il manquerait sûrement d’originalité…

« Les besoins sont faits pour être satisfaits, les désirs pour être reconnus ».

Si l’on la rapporte à la durée d’une journée, l’espérance de vie d’un Français a augmenté de 3h depuis la dernière guerre. Trois heures et des poussières, c’est la durée moyenne pendant laquelle ce Français regarde la télé chaque jour… Nautivy demeure donc un vrai geste de résistance… Et que vivent la radio, le ciné, la lecture… Dans celles du mois, un livre qui ne vous posera pas de lapin puisque c’est « Le Dernier Lapon” , polar arctique d’Olivier Truc, correspondant du Monde à Stockholm. Et « Nue », dernier opus de la tétralogie de Jean Philippe Toussaint.
Dans les films, cap à l’Est ! Ne ratez surtout pas « A Touch of Sin » du chinois Jia Zhangke. À voir aussi l’indien « The Lunchbox » et le japonais « Tel père, tel fils ». Vous pouvez aussi rendre visite à « Suzanne ».

Le rituel des vœux peut parfois sembler quelque peu vide de sens, surtout pour les jeunes générations. Mais c’est pourtant, même léger et furtif, un moment d’attention à l’autre, un geste d’intention vers autrui. Il importe de faire attention à l’intention. Une amie apprentie acupunctrice doit, pour cultiver son geste de piquer et nourrir l’acuité de son Qi, traverser une feuille de papier tendue sur un bol. Puis en ajouter une chaque jour. Et ce, jusqu’à cent feuilles tendues sur le vide du bol. Notre langue est parfois bien pauvre pour dire les forces qui animent l’intention, la part d’indicible et d’irrationnel qui sous-tend la beauté du geste, le son de l’impact ou l’éclat d’un rire. (En kyudo, le tekichu – le son de la flèche qui perce la cible- résonne de l’intention et du souffle de l’archer).

Malgré l’apparente opacité du monde, ses bruits de guerre et ses relents nauséeux de brochettes de quenelles qui ne sont pas de brochet…. je vous souhaite l’intime intention d’être heureux.

Nichi nichi kore kōnichi.
(Chaque jour est un bon jour).

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