Des Nouv’ailes du Neuf n°28

9 décembre 2011 § 0 commentaire § permalink

« Il parcourut de baisers ses épaules et son cou, caressa ses seins. Ayla sentit le désir de Jondalar contre elle, si dur qu’il la soulevait presque. Il pressa sa tête contre ses seins, chercha les mamelons. Elle se souleva un peu, se renversa en arrière et des ondes coururent de nouveau en elle tandis que Jondalar suçait et mordillait. Elle sentit sous elle la hampe dure et fière , se souleva encore un peu et la guida en elle… »

Un court extrait câlin des nombreuses aventures d’Ayla et Jondalar, héros des « Enfants de la Terre » de Jean M. Auel dont je vous parlais dans le n°26. Je viens de terminer « Les Refuges de Pierre », cinquième tome de cette saga préhistorique qui se passe entre Ukraine et Périgord, à l’époque où Cro-magnon a rencontré Néanderthal, il y a environ 30000 ans. Un document passionnant sur la vie à cette époque, concernant aussi bien la domestication des animaux, la fabrication des outils, les rites ancestraux, la pharmacopée, la sexualité, la contraception et les rapports homme-femme, la relation au monde de l’invisible et des Esprits, quand le monothéisme n’avait pas encore le monopole du divin.

Des NOUV’AILES-n°28

Des Nouv’ailes du Neuf n°27

9 novembre 2011 § 0 commentaire § permalink

« J’ai embrassé l’aube d’été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.
La première entreprise fut dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée, je reconnus la déesse.
Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine où je l’ai dénoncé au coq. À la grand’ville, elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.
En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu son immense corps.
L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.
Au réveil il était midi. »

Arthur Rimbaud (1854-1891)

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Des Nouv’ailes du Neuf n°26

9 octobre 2011 § 0 commentaire § permalink

Je dédie ces quelques lignes à Nathalie A., Michèle G., Patrick M. et Didier G., amis qui sont partis cet été aux pays de l’envers des miroirs, là où tombe le mur du silence sans fin. Là où s’élève l’infini de la mémoire.

Comment envoyer par mail une minute de silence ?

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Des Nouv’ailes du Neuf n°25

9 septembre 2011 § 0 commentaire § permalink

Il faudrait interdire les mots roses, repeindre les plinthes en vert, enlever les bleus à la lame de fond. Et ainsi plus légère serait la rentrée (de la lutte) des classes ! Rentrée sans projets d’exposition ou de symposium. Se concentrer sur le travail à l’atelier pour gommer les points d’interrogation qui collent aux pinceaux, scruter l’alarme à l’oeil pour résister aux sirènes de la crise et surtout, ne pas se demander à quoi sert de peindre en ces temps de mutations numériques !

En plus de l’exposition dans un cabinet dentaire du centre de Tours, aujourd’hui décrochée, j’avais accroché cet été autres tableaux et paravents dans le hall d’un laboratoire, et ce jusqu’à la fin du mois de septembre. Beaux espaces où pouvait diffuser la chaleur de ma peinture. Sans hélas de retour sonnant et trébuchant !

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Des Nouv’ailes du Neuf n°24

9 juin 2011 § 0 commentaire § permalink

C’était un matin de neige de juin.

La veille, le symposium avait commencé sous la pluie, par la découpe de cent vingt bâtons de noisetier d’environ 5cm de diamètre et un mètre de long. Les plus droits possible, avais-je demandé dans mon projet. Mais la neige et le vent empêchent les noisetiers de montagne de filer droit sur les pentes des sentiers. La pluie avait cessé dans l’après-midi et repris en soirée. Le silence de la nuit laissa espérer une aurore dégagée de nuages mais ce fut le murmure ouaté de la blancheur cotonneuse qui fut surprise à l’ouverture des persiennes matinales. Il fallut alors se débarbouiller les yeux à la bonne humeur pour regarder le calendrier qui affichait le premier de juin. Puis retendre la bâche de l’éphémère abri au bord de la mairie de Hautecour et pointer une à une les cinq cents vis nécessaires à l’assemblage des six faces du cube de noisetier. Percé de 1+2+3+4+5+6=21 trous, il devint dé pour jouer à la boule de « Ce Hasard Dé ».

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Des Nouv’ailes du Neuf n°23

9 mai 2011 § 0 commentaire § permalink

« Je serais un extra-terrestre.

Mais je ne résiderais pas aux confins d’une autre galaxie ou sur le sol d’une exo-planète au matricule imprononçable. Je serais blotti pas loin d’ici, aux fonds mystérieux d’un océan forcément pacifique et serais finalement davantage un « intraterrestre ». Je vous écrirais avec du silence profond comme la nuit des temps et vous parlerais de l’Harmonie du Monde pour vous dire que mon exposition à la boutique tourangelle d’Harmonia Mundi n’a donné lieu à aucune vente mais a permis à mes tableaux et peintures sur papier de rebondir vers les cimaises d’un cabinet dentaire dans les rues piétonnes du centre de Tours. C’est au 5 de la rue Michelet, exclusivement pour celles et ceux qui veulent méditer sur l’influence de la peinture sur les maux de dents, à moins que ce soit plutôt pour réfléchir sur le lien entre les signes de la couleur et les mots… dedans !

Pour cela il y a, parmi les trente oeuvres exposées, ce tableau de 2005 intitulé « Où sont les idées qu’on a derrière la tête ? » Si vous aviez la réponse sur le bout de la langue, vous m’en feriez écho !…

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Des Nouv’ailes du Neuf n°22

9 avril 2011 § 0 commentaire § permalink

Fukushima, mon amour.

Je me souviens qu’il y a un an, lors de mon exposition « la Fin de l’Origine », j’évoquais avec mon tableau »Auschwhiroshima » le nucléaire et la capacité qu’a l’humanité de s’autodétruire. En ce temps-là, un volcan islandais au nom imprononçable perturbait durablement le trafic aérien, ce qui paraît aujourd’hui presque pacotille à l’aune de l’actualité japonaise.

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Des Nouv’ailes du Neuf n°21

9 mars 2011 § 0 commentaire § permalink

« Nous sommes libres quand nos actes émanent de notre personnalité entière, quand ils l’expriment, quand ils ont avec elle cette indéfinissable ressemblance que l’on trouve parfois entre l’oeuvre et l’artiste ».

Lu cette phrase jeudi dernier dans un article du supplément Livres de Libé à propos de la parution des « Écrits philosophiques » d’Henri Bergson aux éditions PUF. Pressé par ces auditeurs du Collège de France de résumer sa pensée, ce philosophe de l’élan vital qui fut Nobel en 1928 et dont on a un peu oublié la gloire qu’il connut en son temps, déclara : »J’ai dit que le temps n’était pas de l’espace ».

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Des Nouv’ailes du Neuf n°20

9 février 2011 § 0 commentaire § permalink

Lutter contre la dictature.

Contre la dictature de l’urgence. Cette sensation oppressante qu’il faut toujours aller plus vite, que le temps est compté et qu’il faudrait « toujours plus » être informé en « temps réel », comme disent les bourses des médias dans le poste. Je déteste rageusement ce pseudo concept qui n’est qu’une forme moderne d’un éternel esclavagisme. Y aurait-il un temps qui ne soit réel ?

Alors définitivement prendre le temps. Entendu à la radio: « Dieu a crée le temps, les hommes ont inventé la montre ». Peut-être devrais-je doubler l’interligne de ces Nouv’ailes pour ralentir le temps de lecture ?

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Des Nouv’ailes du Neuf n°19

9 janvier 2011 § 0 commentaire § permalink

Elle a mis la Loire dans le lit de ses livres.

Elle, c’est Michèle Desbordes, écrivain magnifique dont j’avais déjà évoqué ici « La Robe Bleue » qui mettait sa plume dans la tête de Camille Claudel après son internement. Cette fois elle a tissé au fil des phrases la relation entre Léonard de Vinci et sa servante lors de ses dernières années dans son manoir d’Amboise. Cela s’appelle « La Demande », c’est paru aux Editions Verdier en 1998 et en Folio en 2001. C’est époustouflant de beauté, fascinant de réalité et saisissant d’intimité.

Je dois à mon amie nantaise Janie ce conseil de lecture en écho au précédent numéro des Nouv’ailes et à ma visite au Clos Lucé. Qu’elle en soit ici remerciée et que se propage loin dans le fleuve des mots l’océan de cette femme de poésie trop tôt disparue en 2006 à Beaugency.

« Nous voulions changer le monde et c’est le monde qui nous a changés »…

Des NOUV’AILES-n°19

Où suis-je?

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